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Le manque de pharmaciens dans les urgences estriennes met en danger les patients

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Photo : Getty.
Julie Meese Par Julie Meese
redaction@estrieplus.com
Jeudi le 8 février 2024      

La pénurie de pharmaciens et de pharmaciennes dans les urgences du CIUSSS de l'Estrie-CHUS a de graves conséquences sur les soins donnés aux patients et aux patientes.

Enquête d'un an

Les résultats de la dernière enquête de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) indiquent que, dans les urgences, 37 % des besoins en pharmaciens sont non comblés. En oncologie, 16 % des besoins en pharmaciens ne sont également pas remplis, alors qu'il s'agit de traitements essentiels à la survie de certains patients. Aux unités de soins intensifs et coronariens, auprès des patients hospitalisés, 52 % des besoins en pharmaciens pour donner des soins pharmaceutiques sont non couverts. En dialyse rénale, 97 % des besoins en pharmaciens sont aussi non comblés, en dépit de la vulnérabilité aux médicaments des patients dialysés dont la capacité de filtration des reins est diminuée.

Pourtant, tous ces secteurs doivent obligatoirement avoir un pharmacien parmi le personnel. Les soins prodigués dans ces départements doivent être suivis de près et le pharmacien est le seul qui détient l'expertise au niveau des médicaments.

« Il ne suffit pas de pourvoir les postes vacants ; des centaines de pharmaciens supplémentaires sont nécessaires afin d'assurer une couverture juste et équitable en soins pharmaceutiques aux patients. »

- Julie Racicot présidente de l'A.P.E.S. et pharmacienne

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Impact sur le temps d'attente dans les urgences

De plus, l'enquête menée par l'A.P.E.S. démontrent aussi qu'un nombre considérable de visites dans les urgences sont attribuables à des problèmes liés aux médicaments. « Les besoins en soins pharmaceutiques ne cessent de croître avec le vieillissement rapide de la population, la multiplication des maladies chroniques ainsi que la complexité et le coût considérable des médicaments. L'ensemble de ces facteurs exerce une pression non négligeable sur notre réseau de santé. En l'absence de recrutement suffisant de pharmaciens, la capacité des équipes à offrir aux patients les soins pharmaceutiques nécessaires et à assurer un usage optimal des médicaments est forcément moindre. Le manque de pharmaciens nuit à l'efficience des visites dans les salles d'urgence, notamment en augmentant le temps d'attente, les risques d'incidents et d'accidents médicamenteux ainsi que d'effets indésirables liés aux médicaments, et la durée moyenne des séjours », explique de présidente de l'A.P.E.S. et pharmacienne la Julie Racicot.

Valoriser la profession de pharmacien

L'A.P.E.S. souhaite que le gouvernement valorise la profession, spécialement en investissant dans le recrutement de personnel et dans des conditions de travail et des salaires attrayants pour les pharmaciens d'établissement.

Maîtrise en pharmacothérapie avancée

La valorisation de la profession inclut aussi, selon l'A.P.E.S, la reconnaissance de la maîtrise en pharmacothérapie avancée. Cette formation de 18 mois prépare l'étudiant à la pratique en milieux de soins aigus et complexes. « Un titre de spécialiste et une plus grande autonomie doivent être accordés aux pharmaciens diplômés de ce programme », souligne Julie Racicot.

Selon L'A.P.E.S., un autre moyen pour valoriser la profession pourrait passer par « un nouvel exercice de planification de la main-d'œuvre en pharmacie au Québec compte tenu de l'ampleur des besoins anticipés et de la concurrence croissante entre le réseau public et les pharmacies privées pour le recrutement de pharmaciens. » Le gouvernement pourrait également rendre l'accès à la maîtrise plus facile notamment en permettant le bloc de cours à distance, surtout pour les étudiants et les étudiantes qui habitent loin des universités qui offrent le programme.

 « À l'automne 2023, le taux d'inscription en pharmacie d'établissement se trouvait parmi les plus bas enregistrés depuis 10 ans, avec à peine quelque 57 pharmaciens qui ont commencé le programme, malgré 114 bourses d'études disponibles. Il est essentiel de redoubler d'efforts pour attirer et retenir des pharmaciens en établissement. Il est primordial que les établissements de santé soient dotés des professionnels nécessaires pour offrir des soins de qualité et sécuritaires aux patients », explique, la pharmacienne et directrice générale de l'A.P.E.S, Linda Vaillant.

L'enquête de l'A.P.E.S. a été menée entre le 1ᵉʳ avril 2022 et le 31 mars 2023.


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