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Cancer de la prostate : un traitement révolutionnaire plus rapide en déjouant le temps

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Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
Martin Bossé Par Martin Bossé
redaction@estrieplus.com
Mardi le 27 mai 2025      

En 2018, une vaste étude a rassemblé 40 chercheurs de partout au Québec, issus de différentes disciplines, pour relever un défi médical majeur : améliorer l'imagerie et le traitement du cancer de la prostate métastatique résistant aux traitements conventionnels. Ce projet, dirigé par Brigitte Guérin, professeure-chercheuse à l'Institut de recherche sur le cancer de l'Université de Sherbrooke (IRCUS), vient de se conclure avec des résultats porteurs d'espoir pour de nombreux patients.

Le défi du 68Ga : une course contre-la-montre

Au cœur de cette innovation se trouve le gallium-68 (68Ga), un isotope radioactif utilisé pour imager les métastases. Problème : sa demi-vie est de seulement 68 minutes, ce qui rendait presque impossible son transport depuis Sherbrooke vers les grands centres hospitaliers de Québec et de Montréal.

L'équipe de Mme Guérin a toutefois su repousser les limites technologiques. Grâce à la production du 68Ga à grande échelle par cyclotron et à l'optimisation du procédé de marquage, ils ont réussi à prolonger sa durée d'utilisation jusqu'à cinq heures. Ce saut technologique a permis d'acheminer les traceurs à travers la province et de les administrer à temps à des patients.

Une stratégie d'imagerie révolutionnaire

L'étude a porté sur 98 patients atteints d'un cancer de la prostate métastatique et réfractaire. Une stratégie d'imagerie à trois traceurs a été utilisée : deux à base de 68Ga (68Ga-PSMA-617 et 68Ga-DOTATATE) et un troisième au fluor-18 (18F-FDG). Ces traceurs ont permis de cartographier avec une grande précision les métastases et de mieux comprendre leur nature sans recourir à de multiples biopsies invasives.

Grâce à cette méthode, l'équipe a pu constater que plus de 83 % des patients présentaient des métastases aux caractéristiques hétérogènes, ce qui est généralement associé à un pronostic moins favorable. Toutefois, cette hétérogénéité permet aussi d'identifier plus rapidement les patients qui peuvent bénéficier d'un traitement plus personnalisé.

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Un nouveau traitement accessible plus tôt que prévu

L'approche développée a permis d'identifier que plus de la moitié des patients étaient admissibles à une radiothérapie de précision injectable, issue de ces mêmes traceurs. Fait exceptionnel, plus de 30 % des participants à l'étude ont pu accéder à ce traitement novateur avant même son approbation officielle pour le grand public au Québec.

Un modèle québécois d'innovation en oncologie

Aujourd'hui, l'équipe de Mme Guérin est la seule au Québec à produire du 68Ga à grande échelle à partir de cibles solides brevetées. Avec deux productions hebdomadaires, plus de 1 000 patients à Sherbrooke bénéficient chaque année de ces traceurs, utilisés en contexte clinique.

Le succès de cette initiative repose également sur une collaboration exceptionnelle avec quatre cliniques en oncologie et en médecine nucléaire, ainsi qu'un écosystème dynamique de chercheurs, de professionnels et d'étudiants à l'Université de Sherbrooke.

Une percée qui ouvre la voie à de nouvelles avancées

Cette recherche ne marque pas une fin, mais un début. L'équipe prévoit déjà de nouvelles études cliniques pour perfectionner les thérapies personnalisées. « Nous avons franchi une étape décisive, mais ce n'est que le début. Ces données nous permettent d'envisager un avenir où le cancer sera traité avec une précision et une personnalisation inédites », affirme Brigitte Guérin.

Source : Isabelle Huard, conseillère en relations médias, service des communications, Université de Sherbrooke



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