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Imposture mise en scène...

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Photo : TVA
Daniel Nadeau - L'Agora Par Daniel Nadeau - L'Agora
Mercredi le 23 septembre 2026      

Ouf ! Que d'événements dans cette campagne électorale depuis ma dernière chronique ! De nombreux débats, dont le Face-à-Face à TVA, le Grand débat des chefs à Noovo et Crave et le débat économique à RDI avec les principaux ténors de chaque parti. De tout cela, on ne peut conclure qu'une chose : les Québécois ne sont pas tombés en amour avec aucun des chefs en présence. Si bien que l'idée d'un gouvernement minoritaire s'impose de plus en plus. À moins que les sondages qui seront publiés après le 19 septembre viennent confirmer de nouvelles tendances qui aujourd'hui (j'écris cette chronique le 18 septembre) me semblent imperceptibles. Une campagne marquée par des effets de toges, la multiplication de petits scandales de l'un ou l'autre des candidats et des efforts marketing de chaque parti qui n'hésite pas à mettre en vitrine leur vie privée pour gagner des votes. Un exemple : la mise en scène des enfants de Paul St-Pierre Plamondon au soir du Face-à-Face à TVA. Des enfants vêtus de gaminets publicitaires à la gloire de leur père et de son parti. De mauvais goût...

Où en sommes-nous ?

Après plus de quatre semaines de campagne, sommes-nous aujourd'hui plus en mesure de choisir le nouveau gouvernement du Québec ? Les partis en présence ont-ils réussi à nous faire rêver d'un Québec plus adapté aux circonstances dans lesquelles nous nous trouvons ? Les réponses des différents partis aux enjeux qui confrontent notre avenir sont-elles celles que nous souhaitons ? Je crois que la réponse à ces diverses questions n'est pas simple et qu'elle variera selon les affiliations partisanes de chacun. Ça va de soi. La politique est le lieu par excellence de la confrontation des intérêts qui s'opposent dans notre société. Les conflits sont la matière première de la politique. Aussi, il est risible de lire des idéalistes qui souhaitent un monde de calinours en politique, comme la panéliste des mordus de politique Françoise Boivin. Il est plutôt dans l'ordre des choses que les gens s'affrontent sur la scène politique dans des combats vigoureux. Cela vaut mieux que des affrontements physiques dans les rues.

Une chose est certaine, les grandes questions qui s'imposent à nous sont toujours irrésolues : faut-il plus ou moins d'État ? Les fonctionnaires sont-ils vraiment la source de nos problèmes d'équilibre budgétaire ? Quel avenir pour le Québec, dans ou hors du Canada ? Comment le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, peut-il nous dire sans rire qu'il va collaborer avec le premier ministre du Canada, Mark Carney, après tout ce qu'il a pu en dire au cours des derniers mois : « Mark Carney s'inscrit dans une longue tradition de colonialisme. Mark Carney est mon véritable ennemi. »

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Une fin de campagne enlevante...

Une autre certitude que nous pouvons avoir à propos de la présente campagne électorale, c'est que sa fin sera enlevante. Paul St-Pierre Plamondon devrait s'expliquer sur sa volonté de tenir un référendum sur l'avenir du Québec alors que 70 % de la population n'en veut pas. Je veux bien qu'il dise à Charles Milliard qui lui a posé la question, que 80 % des gens ne veulent pas des libéraux. Cependant moi, je suis l'un des représentants de ces 70 % et je ne souhaite pas voir une fois de plus le Québec s'embourber dans un autre exercice référendaire qui divise les familles, brise les amitiés et affaiblit le Québec. Le PQ peut bien continuer de rêver dans ses rencontres, mais il n'a pas à nous imposer ses rêves et ses espoirs déçus. Sur le plan des autres sujets, le Parti québécois a pourtant des solutions qui sont adaptées, mais à ce chapitre, ses adversaires n'ont pas à rougir. Le PLQ et Charles Milliard mènent une bonne campagne. Le discours est prudent et adapté à notre contexte, mais les électeurs francophones continuent de bouder ce chef pourtant beaucoup plus méritant que le laissent voir les résultats des sondages. Christine Fréchette porte quant à elle le poids de huit années de gouvernement caquiste. Même si elle ne démérite pas depuis son accession au titre de première ministre, madame Fréchette a de la difficulté à faire oublier son bilan. Je crois que les électeurs ne seront pas dupes de sa volonté de paraître plus fédéraliste que les libéraux. L'ineffable Éric Duhaime continue de courtiser sa clientèle de la région de Québec avec des idées de droite qui, telle une baguette magique, réglerait les problèmes du Québec. Quant à Ruba Ghazal, elle représente l'espoir dans cette campagne. C'est elle et son parti Québec solidaire le camp de l'espoir. Ses intentions sont généreuses et elle s'attaque au vrai problème ressenti par la population, soit le coût de la vie ainsi que des inégalités économiques et sociales croissantes. À n'en point douter, nous sommes devant cinq chefs et cinq formations politiques qui sont perçus comme crédibles par une partie importante de la population. Chacun de ces partis politiques aura des députés à l'Assemblée nationale au lendemain de la prochaine élection.

Le débat de la dernière chance...

Pour tous les chefs en présence, pour des raisons différentes, le dernier débat qui se tiendra ce soir sur les ondes de Radio-Canada sera déterminant. Après des sondages qui auront ou non bougé et publiés en début de semaine, les chefs devront fermer leur campagne avec un discours de fermeture de vente auprès de la population. Si d'aventure le PQ prend la tête des sondages avec la possibilité de former un gouvernement majoritaire, il ne faudrait pas s'étonner de voir le chef du PQ vivre des moments forts difficiles lors de ce débat sur les ondes du repaire des fédéralistes colonisateurs aux dires de St-Pierre Plamondon. Une grande certitude m'habite en ce qui concerne cette élection : les Québécois veulent un changement de gouvernement. Au moment où j'écris cette chronique, le PQ de St-Pierre Plamondon apparaît comme le plus solide prétendant. Néanmoins, les Québécois sont aussi déterminés à ne pas avoir un troisième référendum. Cette conviction de changement de même que le refus d'un troisième référendum pourraient donner comme résultat un gouvernement minoritaire du Parti québécois. Cet état de fait serait en mesure de créer une tragi-comédie parmi les élus qui voudront d'un référendum au-delà de leurs attaches partisanes. Finalement, nous aurons eu droit à une élection dont le résultat sera de mettre en scène l'imposture...


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