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Se réconcilier avec le passé…

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Daniel Nadeau - L'Agora Par Daniel Nadeau - L'Agora
Mercredi le 7 octobre 2026      

Au moment où vous lirez ma chronique, l'identité et le statut du gouvernement du Québec, minoritaire ou majoritaire, est connu. J'aurai l'occasion d'y revenir la semaine prochaine. Durant la dernière campagne électorale, plusieurs sujets fondamentaux ont été ignorés. Je pense à l'environnement, à la prévention de la santé par des activités sportives ou plus grave encore les relations entre le Québec et ses communautés autochtones. Le 30 septembre dernier, c'était la journée vérité et réconciliation. Un sujet de la plus haute importance pour les communautés autochtones mais aussi pour le Québec qui pioche encore sur ses désirs de faire du Québec un pays. La question des peuples premiers sera au cœur des efforts d'un gouvernement souverainiste pour obtenir la reconnaissance internationale. Négliger nos relations avec les peuples autochtones c'est aussi ouvrir la voie à des débats interminables sur l'intégrité du territoire québécois après une déclaration de souveraineté. Quoi qu'il en soit, il est judicieux je crois que se poser la question sur l'avenir des relations du Québec avec les peuples autochtones de son territoire. Des relations d'égal à égal, de peuple à peuple me semble comme la base de toute discussion.

Un peu d'histoire...

Pour se faire une opinion sur une question, il est toujours souhaitable de se donner une compréhension du lieu d'où l'où viens si nous voulons savoir où l'on va. L'arrivée des colons européens ont été le signal de départ de longues périodes de conflits, d'incompréhension et de négociations. Les traités de paix , souvent déséquilibrés, ont conduit à des dérives notamment la dépossession des terres, l'imposition d'un mode de vie occidental et la création d'un système d'éducation comme les pensionnats qui avait pour volonté avouée d'effacer les cultures autochtones. Les rapports de la Commission vérité réconciliation et de la Commission Viens ont mis en lumière les injustices subies par les peuples autochtones et validé la nécessité d'une reconnaissance des droits des peuples autochtones. On peut bien jouer avec les souvenirs, se rappeler que les communautés autochtones n'ont pas été toujours exemplaire, dixit la crise d'Oka, mais une chose demeure, notre société fait preuve de discrimination systémique envers les peuples premiers de notre territoire.

Aujourd'hui mieux qu'hier mais moins que demain...

Aujourd'hui, la situation des peuples autochtones et leurs conditions de vie ont connu des améliorations mais ce sujet continue de poser des défis complexes pour notre avenir. Par  exemple, les avancées en matière de droits comme la reconnaissance de l'autonomie gouvernementale et la protection des terres ancestrales, se heurtent à des intérêts économiques puissants notamment dans le domaine de l'exploitation des ressources naturelles ou de la protection des troupeaux d'animaux ou des quotas de pêches. Le développement de l'exploitation minière, forestière ou énergétique entre souvent en conflit avec les aspirations légitimes des communautés autochtones qui revendiquent un droit de regard, une participation au profit et même une vision différente du développement de l'économie. Nous avons encore de nombreux pas à faire pour reconnaître vraiment les droits des peuples autochtones. Il n'y a pas que les droits il y a aussi les conditions de vie qui sont fondamentales pour les chefs autochtones. En entrevue la semaine dernière avec Marie louise Arsenault, le chef de la communauté Innu et chef des Premières nations Québec-Labrador Francis Verreault-Paul a insisté sur cet aspect dans une discours mesuré et équilibré. Avec des chefs de cette qualité, le Québec devra établir des relations de confiance et d'égal à égal avec les communautés autochtone. Une relation de confiance qui sera fondée sur la reconnaissance mutuelle et le respect des droits et des conditions de vie.

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Un avenir commun...

Si le Québec souhaite avoir un avenir commun avec ses communautés autochtones cela nécessite une volonté de réconciliation véritable qui passe par de nombreux changements. La première tâche est de mieux comprendre l'histoire de la culture autochtone afin de favoriser une meilleure compréhension entre québécois et membres des premières nations. Outre un dialogue nouveau entre le Québec et les nations autochtones, il faut aussi s'assurer que les communautés autochtones participent activement aux décisions qui les concernent. Les ententes de collaboration et le respect des traités doivent être la norme. Il faut accepter de partager le territoire que nous leur avons spolié et les faire participer avec une voix égale dans les décisions politiques qui concerne le développement des ressources naturelles ainsi que les politiques environnementales qui affectent leur territoire. Il va de soi qu'il faut leurs droits territoriaux dans lesquels se déploiera leur autonomie et leur développement économique. Cela étant dit, paraît normal mais rappelez-vous que ces beaux principes volent en éclat du moment où ils affrontent nos intérêts économiques du moment. Restreindre le croit de pêche de nos pêcheurs tout en permettant aux autochtones de ne pas être soumis à cette règlementation est un exemple probant, entre de nombreux exemples, ,  de dérapages lorsque nos principes doivent être soumis aux récifs de la réalité. Le chemin d'un avenir commun partagé est un long chemin rocailleux mais nécessaire pour rétablir la justice à l'endroit des peuples autochtones. Nous avons le devoir non seulement de nous souvenir mais de réparer les fautes de nos ancêtres. Bien sûr, on ne peut refaire l'histoire mais on doit néanmoins faire preuve d'une plus grande humanité car nous sommes une société riche et parmi les plus privilégiées de la planète. Cela exige des devoirs comme celui d'être exemplaire.

Au lendemain de notre élection où nous avons ignoré les questions de nos relations avec les peuples autochtones, nous sommes à un moment important de notre histoire. Refuser de nous pencher sur nos relations avec les communautés autochtones, ignorer ces enjeux ne fera qu'approfondir les fractures existantes, ce qui n'est pas souhaitable. Il faut plutôt choisir une approche pro-active et collaborative qui aboutira à un avenir commun où le respect mutuel et l'autonomie des premiers peuples seraient non seulement reconnus mais célébrés. L'avenir du Québec passe par une véritable réconciliation avec les peuples autochtones de notre territoire. Souverain ou non, la reconnaissance véritable des droits et des conditions de vie des peuples autochtones de notre territoire est un pré-requis essentiel à la création d'une société juste et équitable. Il faut se réconcilier avec le passé...

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