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Pas de crise dans le monde municipal

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Photo : France Bélisle. Crédit : YouTube.
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 28 février 2024      

Malgré la démission fracassante et habilement mise en scène de la mairesse de Gatineau, madame France Bélisle, je ne suis pas convaincu que cet événement soit annonciateur d'une grave crise politique au Québec.

Je constate comme bien des gens qu'il y a au Québec, et c'est aussi vrai ailleurs dans le monde occidental, une montée effarante de l'incivilité, une difficulté accrue pour tous les pouvoirs à imposer comme jadis leur volonté à une population docile qui s'inclinait volontiers devant l'autorité. Oui, cela j'en prends acte. Je suis aussi d'avis que le monde municipal qui en est un de proximité par excellence est particulièrement touché par cette montée de l'intolérance et par cette difficulté que nous avons de vivre ensemble. J'accepte aussi l'idée que les « égouts sociaux » comme j'aime appeler les réseaux sociaux, y jouent un rôle important, mais je refuse d'y voir une crise majeure du pouvoir politique municipal. À tout prendre, je suis d'avis, si j'en crois les échos venus de l'Outaouais glanés dans le quotidien Le Droit, que la démission de madame Bélisle est plutôt le résultat d'une personnalité particulière en mal d'assumer un leadership dans son milieu et auprès de ses collègues. Une personnalité particulière qui n'était pas faite pour faire de la politique nous écrivait l'éditorialiste du Droit Marie-Claude Lortie. Quelques réflexions sur le pouvoir politique.

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La sortie côté cour de madame Bélisle

Nous connaissons mal madame France Bélisle et pas du tout la dynamique politique à Gatineau. C'est donc à la lecture de l'article que j'ai pu retrouver dans le quotidien Le Droit que j'ai pu m'en faire une opinion. D'abord, sous la plume de madame Lortie, je lis un éditorial intitulé : « La mairesse qui n'était peut-être pas faite pour ça » paru le 23 février dernier. Dans ce texte, madame Lortie qui commente la sortie de madame Bélisle reconnait que les temps sont difficiles et que la société entière traverse « une crise de courtoisie, d'incivilité, qui dépasse l'entendement. On ne peut imaginer les inepties violentes qui lui ont été dites ou écrites. Les journalistes aussi y goûtent. On connaît le parfum soufré de ces déversements de méchanceté. » Elle ajoute cependant : « Ce qu'on sait aussi, cependant, c'est que France Bélisle a déjà été du côté de ceux qu'on accuse de harcèlement, de gestion autoritaire, unidirectionnelle, de contrôle abusif. Ces allégations sont sorties pendant la campagne électorale de 2021. Et on avait même appris, à l'époque, que son ancien employeur, Tourisme Outaouais, avait jugé nécessaire de faire enquête sur le climat de travail au sein de l'organisme, à la suite de certaines plaintes ». Elle ajoute aussi : « Ce que tous les journalistes qui ont écrit sur la mairesse savent aussi, c'est à quel point elle avait de la difficulté à ne pas exprimer ses frustrations quand les reportages chroniques et autres ne faisaient pas son affaire ». Loin du personnage idyllique célébrée par tous les commentaires de ses collègues, dont notre propre mairesse à Sherbrooke, Évelyne Beaudin, j'y reviens dans quelques instants.

Le chroniqueur Patrick Duquette partage la vision de madame Lortie. Il ne peut cacher son étonnement devant les propos tenus par madame Bélisle lors de son départ : « je viens de réécouter pour la troisième fois le discours de démission de la mairesse France Bélisle. Ça part dans toutes les directions. Elle voudrait nous faire croire qu'elle est victime d'un système politique hostile et de la politique ultra-partisane. Mais à ce que je sache, la mairesse était peut-être la plus partisane autour de la table du conseil. »

Évelyne Beaudin pendant ce temps...

Si je vous écris au sujet de la démission de madame Bélisle ce matin, c'est surtout à cause de la sortie pour le moins maladroite de notre mairesse à nous à Sherbrooke, Évelyne Beaudin. D'abord, sur la forme, la voir lire des notes à l'écran pour dire ses sentiments sur quelque chose qui, selon ses dires, la touche particulièrement était un spectacle en soi désolant. Par ailleurs, je ne sais pas qui conseille madame Beaudin, mais prendre la parole publiquement sur un tel sujet n'était pas le geste le plus avisé pour une personne qui vit présentement des moments troubles à la tête de notre ville et dont le leadership est de plus en plus contesté. Quand on lit les propos des éditorialistes et des chroniqueurs du journal Le Droit en Outaouais, on se pince quand on entend madame Beaudin nous entretenir des similitudes de sa situation avec madame Bélisle. A-t-elle vraiment dit cela, me suis-je interrogé ? Madame Beaudin a elle aussi de la difficulté à s'entendre avec les gens de son environnement immédiat.

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Rappelons le départ de son chef de cabinet, Claude Dostie, le congédiement déguisé de l'ancien directeur général de la Ville de Sherbrooke, Daniel Picard accusé par Sherbrooke Citoyen d'avoir manqué à son devoir de réserve, ses démêlés avec la conseillère Annie Godbout et son départ du comité exécutif, les relations tendues avec la présidente du Conseil, madame Danielle Berthold, le congédiement de la personne qu'elle avait choisie comme secrétaire générale, Néné Oularé, ses désaccords avec la conseillère Hélène Dauphinais sur sa participation au comité des retraites au sujet de la rémunération, ses prises de becs avec de nombreux membres du conseil lors des débats et enfin son bras de fer avec les promoteurs immobiliers de la ville de Sherbrooke qui aujourd'hui poursuivent tous la Ville devant les tribunaux dans la foulée du Plan nature qui est la version la plus exigeante au Québec de toutes les villes et municipalités. Je ne veux pas m'acharner sur le cas de madame Beaudin, on ne tire pas sur une ambulance, mais force est d'admettre que son mandat actuel n'est pas de tout repos pour elle et pour les citoyennes et les citoyens de Sherbrooke. J'ai écrit dans une chronique précédente le 10 janvier dernier en parlant de notre conseil de ville que : « Nous sommes en mal de leadership politique dans cette ville. Sherbrooke mérite mieux que ce qu'elle a présentement. »

Le moins que je puisse dire aujourd'hui c'est que le retour aux affaires de madame Beaudin est loin de me convaincre de sa capacité à redresser la barre et à faire la preuve du leadership que nous avions pressenti chez elle au moment de son élection. Ce n'est pas en jouant aux victimes du système politique actuel que les mairesses comme mesdames Bélisle et Beaudin vont nous convaincre qu'elles sont détentrices d'une vérité difficilement palpable par nous les pauvres ouailles citoyennes. N'empêche que malgré les faits, madame Bélisle poursuivra ses représentations à l'émission Tout le monde en parle dimanche (ce texte est écrit avant la diffusion de cette émission), elle voudra vraisemblablement sous les questions complaisantes de notre Guy A. Lepage national faire la démonstration qu'elle est une victime d'un système politique partisan et hostile. Moi qui regarderai sa performance en différé lundi, je ne croirai pas un mot concernant ses propos. Le monde politique municipal a de nombreux défis à relever en ces temps difficiles, j'en conviens. Néanmoins, pour moi la cause est entendue, il n'y a pas de crise dans le monde municipal...


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