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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

On a eu, un bien bel été…

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François Fouquet Par François Fouquet
Mardi le 3 septembre 2024      

Oui, oui, je sais, l'été n'est pas terminé.

Oui, oui, je sais, il faut profiter de chaque moment qui passe et ne pas déjà parler de l'automne. Rassurez-vous, l'automne n'est pas le sujet du jour !

Peut-être est-ce le fruit d'une douce nostalgie, mais voilà, j'ai en tête ce refrain de Clémence Desrochers depuis quelques semaines. « On a eu, un bien bel été ». Petit hymne tout simple qui souligne la valeur des saisons qui se succèdent et met aussi simplement que brillamment en chanson la douceur de l'été.

Ces temps-ci, notre désormais majestueux chêne rouge (planté à la maison lors des festivités du bicentenaire de Sherbrooke en 2002) perd des extrémités de branches qui tombent comme de petits parapluies et recouvrent le gazon. Les écureuils viennent cueillir les glands à même l'arbre. Mais quand la branche est trop frêle pour supporter le poids de l'écureuil, voilà que celui-ci les coupe de ses dents et vient ensuite récupérer le fruit au sol.

C'est le 2ᵉ signe que l'été avance...

Le premier, c'est le jour qui tarde de plus en plus à se lever. Et qui se couche de plus en plus tôt !

Banalités ou small talk...  

Le terme décrié par les plus jeunes pour qualifier les banalités que les plus vieux s'échangent à qui mieux mieux, c'est small talk. Du type « Hey, salut ! Il fait beau, aujourd'hui ! »  

Parler du temps qu'il fait est la porte d'entrée assez universelle d'un début de discussion. Discussion qui ne gagne pas souvent en profondeur et qui se termine généralement sur une promesse qu'on sait déjà vaine : « faudrait bien qu'on s'organise de quoi ! »

C'est comme ça...

Mais, a-t-on eu un bel été, au fait ?

"Ça dépend" serait la réponse la plus juste.

Il n'y a pas que Dame Nature qui décide de la beauté d'un été. Il y a notre regard sur cet été. Par exemple, l'été somme toute pluvieux peut paraître très beau pour la personne qui est tombée amoureuse pendant cette période. Et l'été le plus ensoleillé ne marquera pas de sa lumière la personne qui apprend qu'elle a une maladie incurable.

Et quand je dirige mon regard au-delà de mon horizon personnel, j'avoue me sentir gêné, souvent, de déclarer haut et fort : « Cibole, qu'on a un bel été ! »

Quand je pense au Moyen-Orient, à l'Ukraine et aux autres peuples aux prises avec des conflits armés meurtriers ; quand je pense aussi à ces personnes évacuées à cause des feux de forêt et qui dévastent des territoires énormes ; quand je pense aux gens qui cherchent seulement à équilibrer leur fin de mois, mois après mois, et dont la vision d'avenir s'arrête pas mal à demain ; bref, quand je vois tout ce qui va mal alors que je détermine au temps qu'il fait si l'été est beau ou moins beau, je me sens un peu mal à l'aise.

Je sais bien que le fait de ne pas affirmer ma joie ou mon petit bonheur ne va rien changer à ce qui se passe dans le monde.

Je sais bien.

Mais...

C'est un malaise qui ressemble à ce qu'on ressent dans une situation comme dans l'anecdote vécue suivante : lors d'une rencontre de groupe, deux amies se retrouvent. La première combat un cancer du sein et l'autre a subi dernièrement une biopsie pour le même type de cancer. Quand la première demande à la deuxième si elle a les résultats de la biopsie, celle-ci est mal à l'aise de répondre : « Oui. C'est bénin dans mon cas... » Elle est presque désolée de le dire.

Évidemment que la première lui a dit « Ben non, voyons, réjouis-toi, c'est vraiment une très bonne nouvelle ! »

Alors, oui, je sais bien que le fait de ne pas affirmer ma joie ou mon petit bonheur ne va rien changer à ce qui se passe de sombre autour de moi.

Mais je suis un peu pris dans cette idée un peu poétique et romantique que l'accès aux petits bonheurs devrait être universel.

En rêvant que tout le monde puisse chanter : « on a eu un bien bel été ! »

En même temps, cette prise de conscience me ramène à ce que je peux faire. Je veux dire, comment je peux faire ma part.

Et je me prends alors à penser que le rire et la joie sont contagieux et que si je les partage, la contagion s'installera peut-être plus largement.

Alors, la joie au cœur, je vous dis : « on a eu, un bien bel été ! »

 

Clin d'œil de la semaine

L'été qui s'enfuit est un ami qui part, écrivait Victor Hugo. Reste à trouver des amis d'automne !


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