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Les fausses questions…

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 7 juin 2023      

À son dernier Conseil général, les membres du Parti libéral du Québec se sont donné rendez-vous pour débattre à livre ouvert sans avoir de questions à débattre. Le sujet de l'heure chez les libéraux c'est de reconnaître que leur parti est déconnecté de la population francophone, à cet égard les résultats des sondages sont limpides, et de mettre en œuvre les moyens pour se reconnecter avec l'électorat francophone pour être autre chose qu'un Parti égalité 2.0.

Au chapitre des solutions à utiliser pour reconnecter avec les francophones, les libéraux sont plutôt devant un désert d'idées qu'à un trop-plein. Certains pensent qu'il faut réactualiser les valeurs libérales écrites et synthétisées par l'ex-chef Claude Ryan. D'autres pensent que cela se fera par un virage nationaliste prononcé afin de se brancher sur l'héritage de Robert Bourassa et Jean Lesage en passant par Jean Charest, évitant avec soin le multiculturaliste Philippe Couillard et sa façon d'être Canadien au Québec. Enfin, la plupart pensent que c'est l'arrivée d'un ou d'une nouvelle chef qui viendra relancer la marque libérale auprès de la population francophone. Autant d'idées que des gens qui y réfléchissent. Ayant fréquenté le Parti libéral du Québec pendant plus de 25 ans, permettez-moi d'apporter ma modeste pierre à l'édifice de cette réflexion collective sur la relance de la marque libérale sur la scène québécoise. Réflexions libres sur un sujet galvaudé.

D'abord, le contexte...

Le nombre

C'est une vérité de la palisse, la politique a beaucoup changée depuis les vingt dernières années. Les enjeux sont les mêmes en apparence : bien-être économique, justice sociale, ouverture aux autres, prospérité collective, respect de notre milieu, services gouvernementaux gratuits et universels, protection de notre langue et de notre identité. Ce qui a changé profondément c'est la population qui compose notre Québec d'aujourd'hui. D'abord, le nombre : en 1980, lors du premier référendum sur la souveraineté-association proposée par le gouvernement péquiste de René Lévesque, nous étions 6 505 997 habitants alors qu'en 2023, nous sommes 8 787 554 personnes. Cette population s'est largement diversifiée eu égard à l'immigration.

La diversité

En 1980, on retrouve 80 % de la population d'origine française, 8 % d'origine britannique et 12 % d'autres provenances principalement des Italiens, des juifs et des Irlandais. Alors qu'après 1980, on retrouve de nouveaux ressortissants parmi des pays comme le Liban, Haïti, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Viêt Nam. Ce qui n'a pas changé entre ces décennies c'est que la très forte majorité des immigrants s'installent dans les grandes villes, surtout à Montréal.

Aujourd'hui, les nouveaux arrivants s'installent toujours à Montréal, mais on commence à en retrouver ailleurs au Québec dans les régions même si cela représente un très faible pourcentage. La proportion d'immigrants au Québec eu égard à la population totale est passée de 12 % en 1980 à 15 % aujourd'hui dont un très fort contingent de Français n'en déplaise à la vulgate nationaliste qui sert aujourd'hui de toile de fond au débat sur l'immigration au Québec. Cette population est de plus en plus vieille et le nombre de personnes actives atteindra une proportion d'une personne active pour trois personnes inactives d'ici peu.

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Les nouvelles valeurs

Outre ces phénomènes de nombre, il y a aussi la transformation du monde dans lequel nous vivons où le progrès, la justice ne sont plus jugés avec les mêmes yeux que ceux que nous avions jadis. De nouveaux enjeux tels, les enjeux climatiques ou la gestion quotidienne de la diversité et les manifestations présumées de politiques racistes et discriminatoires sont devenus cruciaux dans l'espace public. Les discours de nos poètes d'hier sur un narratif de la longue résistance et du combat des francophones contre les méchants Anglais ne mobilisent plus l'âme de la jeunesse contemporaine. On a beau mener des batailles pour faire de l'identité le centre de tous les combats, l'appétence de la jeunesse pour ces débats n'est pas au rendez-vous. Leurs combats sont ailleurs. C'est de cela que devront débattre les membres du Parti libéral du Québec pour se donner de la pertinence auprès de l'électorat. Ce n'est pas en faisant le choix des combats d'hier ou en rappelant ses mémorables états de service que les libéraux réussiront à prouver leur valeur auprès de la population québécoise et de proposer de véritables options pour devenir un gouvernement en attente.

La politique a changé

Le véhicule politique lui-même s'est profondément transformé. La politique est devenue un lieu pour mener des opérations de marketing auprès de l'électeur-consommateur d'engagements électoraux. Le Je Me Moi est triomphant. Le Nous se fait tout petit. Nous sommes à l'ère des individus et des tribus. Cela aussi le PLQ doit en tenir compte dans ses réflexions et ses débats.

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Puis, les pistes de solutions...

La partie de cette chronique sur les solutions possibles qui peuvent s'offrir aux libéraux pour relancer la marque libérale sera brève. Je n'ai pas de solutions miracles si ce n'est d'écrire que je trouve que les libéraux méritent de se trouver et que le Québec retrouve ce grand parti qui saura lui proposer à nouveau des pistes de solutions à ses problèmes et aux enjeux qui confrontent son avenir. Les changements climatiques, le développement du navire amiral Hydro-Québec, l'état pitoyable des réseaux de santé et d'éducation, les failles béantes du système de justice, les conditions de travail des employés de l'État, la gestion des taxes et des impôts, et la protection de la langue française et de l'identité québécoise. Voilà autant de sujets qui requièrent une attention urgente sur une base quotidienne. C'est le rôle du PLQ comme opposition officielle de proposer et de critiquer les gestes et les actions du gouvernement en ces matières. C'est incontournable pour regagner la confiance des électeurs et des électrices du Québec.

Quant au débat à venir sur les valeurs libérales et la place du nationalisme qu'ont lancé les interventions de Jérôme Turcotte dans une lettre ouverte et avec ses interventions au dernier Conseil général, cela ne doit pas se faire par des procès d'intention et par un concours d'étiquetage de ses adversaires idéologiques. De tout temps, le PLQ dans l'opposition a toujours vécu une tension dynamique entre les délégations des comtés anglophones et celles des comtés francophones. La faiblesse actuelle de la députation francophone libérale à l'Assemblée nationale ne peut qu'amplifier et actualiser cette tendance lourde au sein du PLQ. Faut-il y voir la mainmise des libéraux fédéraux sur le PLQ, des Trudeauiste sur leurs cousins québécois ? Je ne crois pas.

D'ailleurs, on peut très bien être un fier nationaliste québécois et appuyer Justin Trudeau sur la scène fédérale. Quoi que l'on puisse en dire, les libéraux de Justin Trudeau ne sont pas de vilains centralisateurs. Ils ont bien des défauts, mais pas celui-là. Ils ne sont tout simplement pas assez courageux pour adapter nos institutions et notre constitution aux réalités exigeantes du 21e siècle. Personne sur la scène politique fédérale n'a présenté cette vision courageuse de l'avenir du Canada. Cela devrait être le point de ralliement des libéraux du Québec, défendre un Québec fort dans un Canada transformé où le fédéralisme sera réactualisé sous les phares de la reconnaissance des peuples autochtones, des peuples acadiens et québécois et par la délivrance des symboles archaïques comme la monarchie britannique et le renouvellement des institutions démocratiques.            Les libéraux ont des valeurs solides concernant les libertés individuelles, l'entreprise privée comme moteur de développement, de justice sociale, d'ouverture aux autres et surtout une indécrottable foi au Québec comme centre de ses préoccupations. Il s'agit de traduire cela dans un discours cohérent comme celui qu'a tenu ces derniers jours le fils aux talents prometteurs de Jean Charest, Antoine Dionne-Charest. Être fédéraliste dans un Québec fort et prospère c'est la seule question. Tout le reste ce sont de fausses questions...



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