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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Le superhéros

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi le 12 février 2024      

Il y a quelque chose qui tient de la fibre, là-dedans! Une fibre que nous portons tous, je crois. Un bout de fibre réagit à l'idée qu'un superhéros peut régler d'un coup une situation donnée.

Quand je constate l'extraordinaire popularité des superhéros dans les jeux vidéo, dans les longs métrages ou même dans le déploiement des costumes à l'Halloween, la fibre en habite plus d'un!

De nos jours, il est facile de retracer des extraits des émissions qui ont meublé mon enfance et dans lesquelles intervenait un superhéros.

J'avoue qu'il m'est un peu difficile de concevoir que ma fibre ait vibré par rapport à ces scénarios souvent douteux! Dire que certaines séries vieillissent vraiment très mal est un euphémisme. Je suis retombé sur Ultra-Man dernièrement. Issshhhh.... Ça ne convaincrait pas un jeune de nos jours! Quand j'y repense, il ne me convainquait pas tellement non plus... Bref!

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Le superhéros

Le superhéros (gars ou fille, mais surtout gars, visiblement!) identifie, dans sa grande sagesse, ce qui est bien et ce qui est mal. Après, il agit en conséquence.

Donc, il règle tout.

Et le superhéros est et demeure un solitaire. Une fois le monde (encore!) sauvé, il retourne d'où il vient, prêt à revenir au besoin. Il n'est pas influençable. Il prêche des vertus dans ses actions, mais ne se prête pas au jeu de la critique.

Il peut tuer au nom du bien. Si c'est le prix à payer, go!

Il n'a pas cette obligation morale minimale de confronter ses idées et ses actions.

Il est un superhéros. Pas un simple humain limité dans sa réflexion!

Depuis des lunes!

Des fois, je me dis que la présence d'un superhéros peut agir en nous comme un régulateur. Comme une valve d'urgence qui fait sortir la pression quand les situations sont trop lourdes ou complexes. Quand notre cerveau est brouillé dans ses signaux.

Les religions ont généralement leur superhéros qui vient tirer les lignes entre le bien et le mal, sans endurer de réelles confrontations d'idées. Au nom de leur superhéros, les humains n'hésitent pas à étirer les concepts. L'amour du prochain devient vite très conditionnel...

C'est avec candeur qu'on voit débarquer une autre sorte de superhéros à Noël. Le Père Noël qui visite et distribue bonheur et gâteries à chaque enfant du monde. Ça fait du bien d'y croire un peu, j'imagine...

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S'en remet-on?

Une fois plus grands, se remet-on de notre dévotion envers les superhéros? En théorie, oui, mais pas toujours, visiblement. Et quand la raison ne raisonne plus parce que tout va mal, on cherche un superhéros et on se colle à la suite de celles et de ceux qui les suivent.

Un superhéros qui possède la vérité. Qui crie haut et fort qu'il va tout régler. De même, simplement! Qui n'accepte pas les idées divergentes. Qui est profondément narcissique, mais qui donne l'impression de protéger ses commettants. Il détermine le bien et le mal et trace lui-même les limites entre les deux. Il peut tuer pour ce qu'il identifie comme le bien. Il distribue la haine en faisant croire à ses troupes qu'il parle en leur nom.

Pourtant, à la fin de la journée, il retourne tout seul dans sa tour. Il n'a besoin de personne. Pourquoi s'embêter des autres? Il a lui-même, ce qui est en soi un privilège.

Le superhéros, c'est Trump. Poutine, Kim Jong-un et combien d'autres?

Ils jouent au superhéros. Et savent que plusieurs les considéreront comme tels.  

Pourtant, quand on finit par croire qu'un simple geste d'un superhéros va nécessairement régler toute situation pourtant complexe, on devrait avoir une alerte lancée par notre raison.

Mais la raison finit par s'y perdre, parfois. Et c'est justement quand la raison des commettants est bousillée que le superhéros est fier de sa victoire.

 

Clin d'œil de la semaine

Dans un film de superhéros, un personnage joue le bien et l'autre mal.

En société, c'est plus complexe un brin...


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