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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Le soleil brille pourtant partout

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi le 2 mars 2026      

Je suis né à Sherbrooke et n'ai jamais habité ailleurs. J'ai visité une quinzaine de pays, certes, mais mon repère vital est ici. À Sherbrooke. Au Québec.

C'est le repère de ma vie. Mon automatique et inné point de comparaison pour tout ce qui concerne la vie en général.

Je ne m'en plains pas, je ne le célèbre pas, c'est juste comme ça. Je ne suis plus de ceux qui pensent qu'ailleurs, c'est meilleur. Je l'ai déjà pensé, plus jeune. J'étais, je crois, influencé par le syndrome du petit québécois. Vous savez, ce syndrome engendré par le fait d'avoir été conquis par la masse anglophone et par la suite, le syndrome a été encouragé par l'église catholique pendant quelques siècles en nous faisant croire que nous n'étions nés que pour un petit pain. Après tout, un peuple qui regarde vers le sol plutôt que droit devant est plus facile à contrôler, alors...

Je vous dis tout cela parce que je suis bien conscient que j'observe la situation géopolitique avec le biais de mon repère vital personnel. L'attaque contre l'Iran, les folies de Trump, de Netanyahou et de Poutine, bref, pleins d'éléments du genre.

De la visite du Liban

Ils sont du Liban. Un couple charmant. Leur fille est venue étudier au Québec. Elle y a trébuché dans le grand amour et vient de fonder une famille au Canada. Depuis deux ans, les parents en sont à leur deuxième séjour un peu prolongé. Le premier pour le mariage de leur fille et le deuxième, tout récent, pour la naissance de leur petit-fils. 

La première fois, pendant qu'ils étaient ici, leur quartier a été bombardé. Les vitres de leur appartement ont éclaté. Le bâtiment est viable, mais quand même. Ils ont absorbé la nouvelle avec une résilience qui leur fait honneur. Je crois qu'on aurait paniqué plus que cela pour un bris de plomberie réparé en moins de 24 heures dans notre maison!

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Les choses étant ce qu'elles sont, ils ont poursuivi leur séjour et ont réparé le tout à leur retour. Pas de plaintes langoureuses ou d'ombre permanente sur leur visite.

Cette fois, c'est l'Iran qui est attaqué et voilà que leur vol de retour vers le Liban s'en trouve minimalement retardé.

Le choyé qui m'habite depuis près de 65 ans n'en revient pas de constater la joie de vivre et le calme de ces gens, au demeurant, très attachants.

Tout cela me ramène au soleil

Le soleil frappe plus fort ces jours-ci, sur mon Sherbrooke natal. Je me disais, cette semaine, que ça sentait la cabane à sucre. Que ça sentait, donc, le printemps qui s'en vient doucement.

Ce constat, conjugué au fait qu'on ramène tout au temps qu'il fait dans nos conversations quotidiennes, m'a amené à imaginer des pays et à imaginer leur lumière ambiante.

Par exemple, je sais l'Angleterre humide. Il y pleut beaucoup. Je l'imagine quand même très verdoyante quand le soleil se montre le bout du nez. La Grèce, c'est grand soleil. La Norvège c'est sombre et froid, mais surtout par les images que j'en ai par rapport aux heures limitées d'ensoleillement.

Maintenant, et parce que je connais une famille libanaise heureuse et rieuse, j'imagine le Liban gris et poussiéreux, mais avec des percées de soleil. Un peu comme l'Ukraine, en guerre, mais allumée quand même par son président.

Mais l'Iran, c'est le gris. Le gris triste des droits bafoués, des visages refermés et souffrants. Le gris d'un pays totalitaire et inhumainement manipulateur.

Je n'arrive pas à m'imaginer le soleil là-bas.

Pourtant, le soleil brille partout. Mais pas de façon égale. Et pas pour tout le monde.

Mon bulletin météo est biaisé, je sais. J'ai aussi vu des images d'enfants qui jouent dans les décombres suivant une explosion. Mais je sais que la réaction d'un enfant à ce qui fait vraiment mal est de jouer. Le jeu est associé au plaisir. Les pleurs associés à la douleur. L'enfant déteste la douleur. Alors, il joue pour la déjouer. Mais ne soyons pas dupes. Les images grises et tristes s'impriment en lui.

Je regarde donc notre printemps qui se fraie un chemin à travers les bourrasques.

Et je nous entends dire que « nos rues, à Sherbrooke, sibole, c'est Beyrouth! »

Ben non, ce n'est pas Beyrouth. Calmons-nous les comparaisons! Ce n'est pas le fun, mais ce n'est pas Beyrouth!

Un nid de poule n'est pas une trace de bombe, quand même.

Bon printemps en devenir à vous!

Et que le soleil brille plus équitablement partout...

Clin d'œil de la semaine

Alors qu'ils s'auto-déclarent semeurs de liberté, Trump, Netanyahou et Poutine sont plutôt voilés. Du voile de la honte. Le pire qui soit.


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