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Québec 2018, c’est parti…

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 22 août 2018      

Le sort en est jeté. Le premier ministre et chef du Parti libéral du Québec Philippe Couillard l'a annoncé dix jours avant. Les élections générales au Québec auront lieu comme le prévoit la Loi le 1er octobre prochain. Les hostilités seront lancées officiellement le 23 août, soit demain.

Façon de parler puisque cette élection est amorcée depuis belle lurette. Depuis maintenant près d'un an, nous sommes en campagne électorale. L'un des effets les plus tangibles de la décision de notre assemblée nationale d'avoir voté une loi prévoyant des élections à date fixe. Analyse des partis en présence sur la ligne de départ.

La Coalition Avenir Québec en pôle position

Si l'on se fie au dernier grand sondage de la firme Léger publié en juin dernier et à celui publié par Léger samedi dernier, La Coalition Avenir Québec est bonne première dans les intentions de vote des Québécoises et des Québécois. S'il y avait eu une élection le 14 août dernier, le Québec aurait eu droit à son premier gouvernement majoritaire issu d'un autre parti que celui du Parti libéral du Québec ou du Parti québécois. Une première depuis l'élection surprise du gouvernement de René Lévesque en 1976.

Même si la Coalition avenir Québec caracole en tête des sondages, les jeux sont loin d'être faits. L'électorat demeure toujours volatil. Nous sommes quatre électeurs sur dix à dire que notre choix n'est pas définitif. Depuis les dernières élections tant au Québec qu'au Canada, nous savons qu'une élection ça compte et que l'électorat québécois plus changeant que jamais peut se laisser influencer par les débats et les événements d'une campagne électorale. Le défi est de taille pour les caquistes qui n'ont jamais connu une telle fortune politique dans leur courte histoire.

Des défis qui se traduisent par la nécessité pour le parti de François Legault de présenter des idées aussi originales que solides aux électeurs. Il sera important que les propositions formulées par la Coalition avenir Québec à la population du Québec soient ancrées dans un argumentaire solide et indiscutable. Le parti de monsieur Legault doit se tenir loin de ses vieux démons populistes et des solutions qui prennent des raccourcis à des problèmes souvent complexes.

Par ailleurs, il est clair que la CAQ possède une équipe de candidates et de candidats solides qui n'a rien à envier à ses concurrents. Le plus grand défi de cette jeune formation politique consiste néanmoins à faire preuve de cohérence et d'unité. Cela semble aller de soi, mais c'est une tâche importante pour une coalition regroupant des gens de tous les horizons. Enfin, l'équipe de François Legault doit apprivoiser le fait nouveau d'être le principal prétendant au pouvoir. Cela signifie qu'il sera scruté à la loupe par les médias et les commentateurs et qu'il n'a pas droit à l'erreur. Il est manifeste que François Legault a gagné haut la main la campagne préélectorale. Cela risque de peser sur les résultats.

Les libéraux et le changement

En toute justice, le Parti libéral du Québec n'a pas démérité. En temps normal, ce parti mériterait un second mandat pour la qualité du respect de ses engagements contractés à l'occasion de la dernière élection où à la surprise générale il a réussi à obtenir un mandat de gouvernement majoritaire. Ce qui menace la réélection du gouvernement de Philippe Couillard c'est la longévité des libéraux au pouvoir depuis 2003 et le style de leadership de Philippe Couillard. Parti de gouvernement depuis les quinze dernières années, sauf le bref intermède du gouvernement Marois de dix-huit mois, les libéraux auront fort à faire pour incarner le changement réclamé et voulu par la population du Québec. Concernant le style de leadership de Philippe Couillard, l'affaire Ouimet dans Marquette ne devrait pas nous laisser d'illusions quant à sa capacité de faire preuve d'empathie. La loyauté de ses soldats pourrait être aussi mise à l'épreuve.

Outre l'usure du pouvoir, les libéraux sont aux prises avec les problèmes inhérents à l'exercice du pouvoir. Le système de santé est toujours un enjeu majeur et les solutions proposées par les différents partis au fil des ans sont toujours aussi inefficaces à juguler le phénomène du vieillissement de la population, de l'explosion des coûts et de la bureaucratisation du système. Nous sommes toujours dans une logique hospitalo-centriste. La rigidité du système d'organisation des soins empêche toujours une collaboration efficace de tous les personnels du système de santé. De plus, l'impopularité du ministre Gaétan Barrette pèse lourdement sur le bilan du gouvernement Couillard, sans compter le sentiment d'injustice présent dans la population devant la rémunération de ses médecins, à tort ou à raison.

Il y a aussi les effets encore présents des deux premières années d'austérité libérale qui a permis d'atteindre l'équilibre budgétaire et de doter le Québec de surplus, mais à quel prix pour les plus défavorisés de notre société? L'image d'un Parti libéral du Québec épris de justice sociale en a pris pour son rhume.

Quoi qu'il en soit, le bilan économique et financier du gouvernement libéral de Philippe Couillard est quant à lui reluisant. L'économie du Québec roule à plein régime et les équilibres financiers de l'État québécois ne sont plus une préoccupation. En matière d'économie et de création d'emploi, le gouvernement Couillard a un parcours sans faute même si des voyants rouges s'allument quant à la part du Québec des investissements privés au Canada. Il reste que malgré tout, ce parti ne peut pas incarner le changement souhaité et cela se traduit par sa difficulté de recruter des candidates et des candidats de premier plan. Par contre, la solidité et la profondeur de l'organisation libérale pourraient jouer de vilains tours à celles et ceux qui les comptent pour défaits.

L'absence du PQ de l'écran radar

L'irruption du Parti Québécois dans le monde de la publicité humoristique à la Ti-Gus et Ti-Mousse est un excellent indicateur de son absence de l'écran radar de l'électorat québécois. Malgré des propositions souvent solides et bien documentées sur les divers enjeux du Québec, la formation de Jean-François Lisée semble avoir perdu l'écoute de la population québécoise.Les éternels et sempiternels débats internes sur l'article 1 du programme ou sur les modalités de la tenue ou non d'un troisième référendum sur la souveraineté du Québec ne pourront pas cette fois mis au banc des accusés. C'est clair et net, l'enjeu de la souveraineté a été exclu du jeu. Je crois néanmoins qu'il faudra surveiller de près le Parti québécois. Il ne peut que faire mieux et transformer une élection prévisible en une boîte à surprise. Les qualités de Lisée ne peuvent que lui permettre de s'améliorer. Cela devrait inquiéter les caquistes de monsieur Legault.

Québec solidaire, l'énigme de cette élection

Québec solidaire apparaît comme l'énigme de cette élection. Parti aux solutions populaires pour une partie de la population, cette formation politique devrait souffrir de l'absence de ses leaders historiques Amir Khadir et Françoise David. Il est vrai que Gabriel Nadeau-Dubois a beaucoup de talents, mais c'est Manon Massé que l'on met en vitrine. Néanmoins, Québec solidaire compte sur des militants énergiques et sur des candidats de qualité notamment comme Vincent Marissal, Catherine Dorion et Christine Labrie. Québec solidaire pourrait causer des surprises hors Montréal cette fois-ci.

Rien n'est joué

En dépit du fait que les sondages donnent la CAQ comme gagnant de cette élection, rien n'est encore joué. Il s'agit d'une remontée du Parti québécois de cinq à six points dans les intentions de vote pour nous retrouver avec un résultat fort différent que celui anticipé par les sondeurs. Depuis quelques années, nous avons appris que l'élection comptait et que les faits de campagne positifs ou négatifs pouvaient jouer un grand rôle dans les résultats. Si j'étais François Legault ou un organisateur de la CAQ, je ne tiendrais rien pour acquis, surtout en Estrie. Mesdames, messieurs, Québec 2018 c'est parti...


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