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Dialogue de sourds

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 10 mai 2023      

Il n'y a pas plus sourd qui ne veut pas entendre dit le vieil adage. Cela caractérise très bien l'actuel dialogue entre l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et le gouvernement de monsieur Legault. Les médias ont beau faire des reportages dévastateurs sur l'état d'impréparation de nos villes et villages concernant les changements climatiques, montrer les catastrophes naturelles qui empoisonnent nos vies, rien n'y fait. Nos gouvernements semblent incapables d'agir en matière d'adaptation aux changements climatiques. Nous ne parlons même pas de l'incroyable inaction des gouvernements de tous les niveaux pour réduire le réchauffement de la planète. Comme nous ne voulons collectivement rien entendre pour changer nos modes de vie afin de lutter contre les changements climatiques, il nous faudra bien nous adapter à ces changements qui se rendent bien visibles par des inondations et des pannes d'électricité.

Cette dernière semaine, François Legault a refusé de s'engager devant les représentants de l'UMQ dans un plan d'adaptation que l'UMQ évalue à deux milliards de dollars par année pour l'ensemble des municipalités et des villes du Québec. Quelques réflexions en vrac sur une impasse budgétaire qui rendra à terme nos vies plus misérables.

La demande de l'UMQ

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) a commandé une étude afin de comprendre l'ampleur des conséquences des changements climatiques sur les finances de l'ensemble des municipalités du Québec. Cette étude réalisée par WSP Canada trace un portrait et un diagnostic de la situation et conclut que jusqu'en 2055, les changements climatiques coûteront minimalement deux milliards de dollars par année de plus aux municipalités du Québec pour adapter leurs infrastructures aux changements climatiques. Les auteurs définissent cette adaptation comme des travaux d'entretien, de mise à niveau et de remplacement de façon résiliente des infrastructures municipales. Les auteurs indiquent que ce sont les routes locales et les infrastructures d'eaux pluviales et d'eaux usées qui nécessiteront le plus d'investissement dans un contexte de changements climatiques. Ils sont encore plus pessimistes en affirmant qu'à partir de 2025, tout entretien, mise à niveau ou remplacement qui ne seront pas effectués en fonction du climat futur viendront ajouter à la facture de 2 milliards estimés en ce moment.

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Les changements climatiques ne sont pas un vecteur d'égalité entre les citoyens puisque ce sont des régions plus éloignées et moins populeuses qui coûteront le plus cher. À preuve, le coût annuel par habitant est estimé à 522 $ pour le nord du Québec, 399 $ pour les régions de la Capitale-Nationale, le Centre-du-Québec, la Mauricie et Chaudière-Appalaches, 495 $ pour le Saguenay et l'Abitibi-Témiscamingue, 233 $ pour la Montérégie, l'Outaouais, les Cantons de l'Est et la région métropolitaine de Montréal.

Au-delà des chiffres et des hypothèses, une chose est claire et indiscutable, l'adaptation de notre société aux changements climatiques a un prix et nos villes et municipalités sont au cœur de ces problèmes à venir et elles n'ont pas les ressources financières adéquates pour y faire face. La demande d'une aide financière au gouvernement du Québec semble plutôt bien avisée et celui-ci a tort à mon avis d'y faire la sourde oreille.

Une demande justifiée des villes

Ce n'est pas nouveau que de retrouver des parties de bras de fer entre le gouvernement du Québec et ses municipalités. Chez nous à Sherbrooke, nos maires que ce soit Jean Perrault ou encore Bernard Sévigny ont joué dans des films similaires. Ils y ont déjà occupé des rôles de premier plan ayant occupé tous les deux le poste de président de l'UMQ à leur époque. Ce qu'il y a de nouveau dans le dossier de l'adaptation aux changements climatiques c'est que l'on ne peut accepter un non de la part du gouvernement du Québec. Nous ne pouvons accepter de voir le monde dans lequel nous vivons se désagréger sous nos yeux sans rien y faire. La mobilisation des villes est une chose, mais il faut y ajouter les citoyennes et les citoyens et créer un mouvement qui obligera notre gouvernement à prendre acte de ce dossier et à nous proposer des actions susceptibles de nous permettre de faire face à la situation.

Tout comme vous, j'ai entendu les propos emberlificotés du premier ministre Legault qui cherchait à noyer le poisson dans un déluge de statistiques budgétaires incompréhensibles pour les contribuables que nous sommes tous. Monsieur Legault devrait se rappeler que celles et ceux qui paient des impôts fonciers sont aussi les mêmes à qui il envoie des chèques de 500 $ le temps d'une élection pour faire face à l'inflation. J'ai envie d'écrire que les baisses d'impôt c'est bien, mais préserver nos milieux de vie c'est beaucoup mieux. Monsieur Legault vous devez entendre nos maires qui vous disent : il faut nous préparer, à tout le moins nous adapter aux changements climatiques si nous sommes impuissants à les faire reculer. Mais je crois que cette fois cela ne sera pas suffisant, c'est pourquoi j'invite l'UMQ et les grandes villes du Québec à mobiliser les citoyennes et les citoyens du Québec autour de l'enjeu de l'adaptation nécessaire aux changements climatiques.

Mobiliser les citoyennes et citoyens

Pour mobiliser les citoyennes et les citoyens du Québec, je propose à l'UMQ et aux grandes villes du Québec (parce qu'elles ont plus de moyens financiers et de ressources) d'organiser un grand sommet de toutes les parties prenantes en y faisant participer les organismes de la société civile autour de la question de l'adaptation de nos municipalités et de nos villes aux changements climatiques. Lors d'un tel événement, les municipalités et les villes pourraient présenter des projets concrets, chiffres à l'appui sur les actions les plus urgentes à mettre en œuvre pour répondre à cet enjeu. On pourra profiter de l'occasion pour discuter de questions plus difficiles comme l'aménagement du territoire et la protection de nos habitats naturels, sujets qui seront discutés et débattus bientôt à Sherbrooke sous la forme du plan nature. J'invite la mairesse de Sherbrooke à se faire la leader de cette idée. Non seulement cela convient bien à son type d'engagement politique, mais elle vient d'être honorée par ses pairs comme un important élément de la relève municipale au Québec. Je félicite bien entendu madame Beaudin pour cet honneur. À ce titre, elle devrait mettre ce nouveau capital symbolique au service de la cause de l'adaptation de nos villes aux changements climatiques. Ce ne sera pas nouveau que la Ville de Sherbrooke fasse profiter le Québec de son leadership.

Il est intolérable que le premier ministre Legault fasse la sourde oreille aux demandes légitimes de nos municipalités et de nos villes pour obtenir une aide financière afin de faire face aux changements climatiques. Il faudrait sortir de ce scénario des visites de notre premier ministre dans des communautés touchées par des catastrophes naturelles. Mettre fin au plan de relations publiques du gouvernement actuel en matière d'adaptation aux changements climatiques pour le remplacer par un plan d'action musclé de nos villes et nos municipalités pour les aider à s'adapter aux changements qui marqueront nos vies. Madame Beaudin, je vous invite à faire acte de leadership pour contribuer à mettre fin à ce dialogue de sourds...


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