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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Résistons

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi le 17 août 2026      

Depuis des décennies, on se berce sur le balcon assez confortable de notre chez-soi en nous répétant qu'on est chanceux d'avoir vu le jour dans un endroit comme le Québec. Le Canada, par voie de conséquence.

Hormis des épisodes qui ont brassé notre cage (les événements d'octobre 1970, par exemple), tout est pas mal beau chez nous.

D'ailleurs, il faut avoir 60 ans et plus pour se rappeler d'octobre 1970. Nous avons bien vécu quelques récessions économiques, évidemment, mais le filet social rattrapait l'essentiel des dommages collatéraux.

Nous avons des problèmes de société : l'accès au logement, l'itinérance, l'anxiété de performance, bref, le ciel n'est pas complètement bleu, j'en conviens, mais le temps n'est pas non plus à l'orage.

J'écris cette prémisse parce que je me surprends moi-même avec un titre de chronique comme « résistons ». Si je connais le sens du mot, je ne connais pas les rouages qui régissent son application.

Mais résister à quoi?

Au Nième assaut de mauvaise foi que nous subissons de Trump, notre voisin d'en bas. Celui qui veut s'accaparer notre maison pour en faire un appartement dont il serait propriétaire.

J'en parle cette semaine parce qu'une autre date fatidique s'en vient : si, d'ici le 19 août 2026 (j'écris ces lignes le 16 août 2026), nous n'avons pas d'entente sur des éléments d'échanges économiques entre les deux pays, il imposera d'autres tarifs de 50% sur une panoplie de produits que nous exportons.

Une autre menace.

Toujours une menace!

Mais, surtout, une mauvaise foi crasse. Je ne parle pas de foi religieuse ici. Je parle de la foi au sens de sa racine latine fides, loyauté, fidélité, confiance. Trois mots que Trump exige de tous, mais n'accorde à personne.

Il est question de remettre en cause des éléments de la gestion de l'offre pour ce qui est des œufs et des produits laitiers, il est question de remettre l'alcool américain sur les tablettes des détaillants canadiens, etc...

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Il est surtout question de tenter de faire un marché avec quelqu'un qui est un intimidateur narcissique appuyé sur des millions, voire des milliards de dollars, ce qui lui confère une toute-puissance folle.

Folle. Comme dans non-rationnelle, non réfléchie. Imprévisible.

Autant d'éléments dont une économie a pourtant besoin pour se maintenir sainement.

Résistons, je disais.

J'ai entendu Poilièvre faire la morale à Mark Carney. Le Bloc Québécois est aussi intervenu. Essentiellement, ils s'en prennent au gouvernement en place. C'est leur rôle d'opposition. Mais ça demeure une pluie de mots dans un désert de solutions.

Le point de bascule?

Dans tout conflit, il y a un point de bascule. Un moment point qu'on ne voit pas toujours venir, qui vient parfois nous surprendre. Un point de bascule qui peut remettre en question l'appui d'une population envers son gouvernement.

Je crois que la remise de l'alcool sur les tablettes et le fait de disloquer (encore!) un bout de la gestion de l'offre pour les produits laitiers et ovins sont deux éléments qui peuvent provoquer un point de bascule.

Je suis citoyen du Québec depuis 65 ans maintenant. Je suis un pacifiste. J'ai été fier de l'armée canadienne au moment où elle déployait beaucoup plus de Casques bleus dans le monde.

Aujourd'hui, à force de recevoir des coups sur la gueule de ce foutu gouvernement Américain, sans pouvoir jamais émettre la moindre critique, je me fais la réflexion suivante : il est temps de cesser de céder du terrain et des acquis.

Je suis peut-être dans le champ. Mais là, maintenant, je me dis arrêtons de céder sur des points qui deviendront automatiquement irrécupérables ensuite.

Arrêtons d'entretenir le fait que nous sommes des proies faciles qui accepteront de nous laisser bouffer, bouchée par bouchée, presqu'en disant merci.

Tout cela dit, je continue d'espérer le meilleur pour nous...      

Clin d'œil de la semaine

La parole de Trump n'a plus de valeur dès que sa phrase se termine.

C'est court!

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