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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Hier comme demain

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi le 10 août 2026      

Je me réfugie très régulièrement dans la lecture de sagas fictives à caractère historique. Idéalement, ça se passe au Québec. J'ai bien essayé des livres d'ailleurs, mais je préfère les référents qui me correspondent.

Ces temps-ci, l'œuvre dans laquelle je suis plongé se situe autour de 1930 et 1940. En zone rurale.

Il y est question d'une jeune femme née d'un père irlandais et d'une mère québécoise. Le père parle français et est catholique. Un peu en retrait, au village, il y a un quartier d'anglophones. Ils sont chrétiens, mais non catholiques.

Isssshhhhh....

La trame de fond qui définit le quotidien de Marguerite (Maggie) est basée sur ces différences : la langue et la religion.

Elle est prise au piège : pas une vraie francophone pour les francos et pas une réelle anglophone pour les anglos. On l'accuse (à raison) de pas être portée sur la chose religieuse et, comme par voie de conséquences (donc, à tort), d'être trop portée sur la chose sexuelle, l'accusant de se donner à quiconque le souhaite.

C'était hier, bien sûr. La religion catholique était déployée quotidiennement comme un livre de recettes qui impose des ingrédients et des étapes nécessaires. Nécessaires sous peine d'excommunication ou de séjour permanent en enfer. Rien que ça!

Bref, la menace était constante pour cette Maggie qui se cherchait une place dans cette drôle de soupe sociale. Un fort caractère l'habite en plus et elle comprend mal pourquoi les femmes peuvent voter, au municipal, à Montréal, mais pas dans son village où le vote est encore à main levée devant l'église!      

C'était hier, bien sûr.

Au gré de la lecture, mes émotions se bousculent un peu. La chose est donc très bien écrite! Et, à tout moment, je me dis qu'heureusement, les choses ont changé.

C'était hier.

Mais, cette fois, c'était vraiment hier. Comme dans hier soir. Un reportage au bulletin de nouvelles télévisées parle de la période de réchauffement à laquelle les grandes firmes de sondage se livrent présentement en vue du scrutin de l'automne.

Les firmes se préparent à honorer les demandes des partis politiques québécois qui demanderont des coups de sonde quotidiens pour décoder les intentions de vote du bon peuple. Évidemment, ils ajusteront quotidiennement le tir par rapport au message qu'ils demanderont à des spécialistes en résidence de polir et d'adapter au jour le jour.

On calculera de façon stratégique les attaques plus ou moins personnelles envers les opposants. Il faudra s'assurer que la bonne attaque est bien faite et qu'elle écorchera l'autre pendant quelques jours, le temps d'influencer, idéalement, les fameux coups de sonde.    

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C'est une sorte de science, tout ça. Une science inexacte mais qui se base sur des probabilités et des prévisibilités. Une sorte de météo politique.

Hier soir, toujours, on entendait Charles Milliard, le chef Libéral, attaquer Christine Fréchette de la CAQ sur une place qu'elle ne prendra pas à une certaine table de négociation.  

C'est parti, me suis-je dit.

Dans la saga historique, les accusations pleuvent pendant la joute électorale : « allez-vous faire confiance à quelqu'un qui a de la misère à gérer son champ de foin? » Ou encore : « allez-vous vous fier à ce mollasson qui n'est qu'une grenouille de bénitier? »

Toutes ces accusations visaient à mettre l'attention collective sur des traits personnels des opposants politiques. Pendant ce temps, on ne parlait pas d'enjeux. L'objectif était d'être au pouvoir. Après, il serait toujours temps d'expliquer pourquoi les choses sont comme ci ou comme ça.

C'était hier, disais-je.

Mais est-ce si différent aujourd'hui?

Au Fédéral, Poilièvre attaquait autrui et répétait les mêmes phrases vides pendant toutes ses campagnes. Il s'est cassé les dents dans l'Est du pays.

Peut-on y voir un message d'espoir?

Nos enjeux sociaux-économiques sont plus grands que la somme des attaques et/ou insultes qui seront partagées à qui mieux-mieux.

Et nos enjeux environnementaux ne seront pas mis en lumière dans les sondages quotidiens.

Ah! Et les coups de sonde quotidiens ne constitueront pas une vision éclairée de projet de société.

Je me croise les doigts, mais j'ai bien peur qu'on répète les mêmes accusations classiques. Qu'on cherchera les squelettes dans les placards. Que les personnes candidates au poste de premier ninistre seront engluées dans le même modèle que celui d'hier : prenons tous les moyens pour être au pouvoir. On verra bien ensuite.  

Hier comme demain, j'en ai peur.

Aujourd'hui, je vais prendre l'air du début août...

Clin d'œil de la semaine

Des personnes immigrantes s'occupent de nos parents dans les CHSLD. On leur fait assez confiance pour s'occuper de nos aînés, mais on entretient le doute par rapport à leur statut ici.

C'est prévu dans la charte des valeurs québécoises, cet état de fait 


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