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L’avenir a un défaut, il dure longtemps…

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 5 mars 2025      

La semaine dernière, j'ai vu les débats, en anglais et en français, des candidats au leadership du Parti libéral du Canada. Dire que cela m'a passionné serait trahir la réalité. Ces débats ont été ennuyeux et ternes. On ne peut pas inventer un somnifère plus puissant. Il est vrai que dans les circonstances actuelles, les libéraux fédéraux ne peuvent se permettre de donner trop d'armes à leur adversaire Pierre Poilievre. Ce qui n'empêche pas que les propos tenus par les candidates et les candidats en présence, Christya Freeland, Karina Gould, Frank Baylis et Mark Carney, étaient en nette rupture avec le narratif libéral des dix dernières années. Cela est surréaliste d'entendre un Mark Carney affirmer qu'il faut rétablir l'équilibre budgétaire ou Chrystia Freeland dénoncer la taxe sur le carbone. En fait, les libéraux, à l'exception notable de Karina Gould, ont tous renié la parole libérale avant que le coq n'ait chanté trois fois comme l'apôtre Pierre. Un spectacle désolant pour bien des Canadiens, mais surtout pour Justin Trudeau à qui toutes ces personnes doivent leur carrière politique. Le point sur la course au leadership du Parti libéral du Canada.

Le bilan de Justin Trudeau

On a beau pérorer sur les faiblesses du leadership de Justin Trudeau, mais nul ne peut effacer son excellent bilan comme premier ministre du Canada. Trudeau a dirigé le pays à travers une série de défis, tant nationaux qu'internationaux. Son mandat a été caractérisé par des promesses audacieuses, notamment en matière de changement climatique, de réconciliation avec les peuples autochtones, de rupture avec l'Évangile des économistes libéraux sur la déification de l'équilibre budgétaire pour un État et par un vigoureux programme économique pour aider la classe moyenne et combattre la pauvreté des enfants canadiens. Justin Trudeau s'est aussi fait le champion de la réconciliation avec les peuples autochtones. Sa gestion de la grave crise de la pandémie liée à la COVID-19 a aussi été digne de mention.

Son bilan en matière de politique étrangère est aussi à mentionner. Il a travaillé à renforcer les relations du Canada avec ses alliés tout en réaffirmant le rôle du pays en matière des droits de la personne et de la lutte à la pauvreté. Trudeau a aussi pris des positions énergiques à l'égard de l'atteinte contre les droits de la personne en Chine et d'autres régimes autoritaires. Il a su aussi composer avec les États-Unis et leur président pour le moins incohérent en renégociant le traité de libre-échange, l'ACEUM. Pas suffisamment, puisque le pays est encore plongé dans le même psychodrame avec son voisin au sud de la frontière.

On doit aussi noter que le gouvernement de Justin Trudeau a trop tardé à actualiser les dépenses militaires et à défendre la zone arctique avec la fermeté qu'exigeaient les circonstances. Enfin, il faut souligner que ces tergiversations à prendre des décisions ont souvent donné l'impression d'un leadership faible, notamment dans le dossier de Jody Wilson-Raybould qu'il a trop tardé à exclure de son cabinet.

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En fait, si l'on en fait un tableau honnête, le bilan de Justin Trudeau est complexe et nuancé. Son passage comme premier ministre a été marqué par des avancées significatives en matière de politiques économiques, environnementales et de réconciliation avec les peuples autochtones. Ses politiques en matière de changements climatiques ont été ponctuées d'achat de pipeline et de reculs électoraux sur la taxe carbone dans les provinces maritimes, tout en souffrant de résultats discutables quant aux cibles projetées. Sur la question du Québec, Justin Trudeau aura été fidèle aux politiques centralisatrices des libéraux et à l'héritage de son père, Pierre Elliott Trudeau. Bref, un bilan sujet à des critiques de droite et de gauche, mais qui mérite beaucoup mieux que le reniement de tous les bons coups de son gouvernement par ses héritiers présomptifs.

Si tu veux avoir un ami, ne fais pas de politique, achète-toi plutôt un chien...

Le discours des différents candidats au leadership du Parti libéral du Canada n'est rien de moins que l'effacement de l'héritage de Justin Trudeau. Il y a quelque chose d'indécent à voir Chrystia Freeland dénoncer ses propres budgets. Mark Carney ça peut aller, il n'était pas membre du gouvernement. Simple conseiller honorifique, on ne peut lui reprocher telle ou telle politique du gouvernement Trudeau. Karina Gould fait exception dans cette course, car elle demeure fidèle aux grands principes et aux orientations fondamentales du gouvernement auquel elle appartient. C'est à une véritable opération de brainwashing à laquelle nous sommes conviés, nous observateurs de la scène politique canadienne. Ce qui est le plus déplorable n'est pas seulement de voir les libéraux renier leurs origines, c'est de voir que cela semble bien fonctionner auprès de l'électorat. Les sondages l'indiquent, les libéraux sont en nette remontée dans la faveur populaire. C'est dire l'impopularité qu'avait atteinte Justin Trudeau. Ironie de l'histoire, même avec Justin Trudeau comme chef, les libéraux feraient mieux aujourd'hui qu'avant sa démission ! Ce que les libéraux devraient cependant se rappeler, c'est que les gens préfèrent souvent l'original à la copie. Ce qui me fait croire que le sursaut de popularité actuel des libéraux ne survivra pas à la prochaine campagne électorale qui sera pour très bientôt. Quant à Justin Trudeau, qui se comporte très dignement dans la dernière étape de son mandat, il sera d'accord avec l'idée que si l'on veut un ami, on ne fait pas de politique, on s'achète un chien.

L'avenir du gouvernement libéral

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas conservateur. Je suis loin d'être un admirateur de Pierre Poilievre. Il reste cependant que les actuels candidats pour remplacer Justin Trudeau ne m'inspirent guère. Si j'avais à voter aujourd'hui, je voterais pour Karina Gould, mais ce vote ne serait pas stratégique. Pour se donner une chance de remporter l'élection, les gens vont voter très majoritairement pour Mark Carney. Le réveil risque d'être brutal puisque parmi les nombreuses qualités que possède monsieur Carney, celle d'être un politicien habile ne fait pas partie de son portefeuille de caractéristiques. Carney c'est une sorte d'illusion électorale qui d'après moi, ne résistera pas au test du réel d'une campagne électorale chaudement disputée. Il est vrai que le syndrome Trump pourrait donner un avantage à Carney et aux libéraux qui se laisseront impressionner par le curriculum vitae de l'ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d'Angleterre. Quoi qu'il puisse en être, je crois que les libéraux font une grave erreur en redevenant un parti politique de centre droit, centralisateur et imperméable aux revendications nationales du peuple québécois. L'avenir a ce vilain défaut qu'il dure longtemps... 

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