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Y a-t-il un pilote dans l’avion?

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Photo : Il faut d’entrée de jeu rappeler les éléments sur lesquels le maire Steve Lussier s’est fait élire en novembre 2017. - Daniel Nadeau
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 26 décembre 2018      

Le dépôt récent du budget de la Ville de Sherbrooke a fait beaucoup parler dans le petit village de Sherbrooke. Déjà que l'on apprenne la hausse de taxes qui était réservée aux contribuables sherbrookois par une fuite en dit long sur le climat qui prévaut à l'hôtel de ville de Sherbrooke. Par ailleurs, ce budget n'augure rien de bon pour l'avenir. Il n'est guère étonnant que 40 % des membres du conseil se soient opposés à ce dernier. Plus qu'un geste symbolique, cela révèle la faiblesse de leadership du maire actuel ainsi que l'échec de son début de mandat. Analyse d'une première année de mandat du maire de Sherbrooke, Steve Lussier.

Le discours électoral

Il faut d'entrée de jeu rappeler les éléments sur lesquels le maire Steve Lussier s'est fait élire en novembre 2017. Se faisant critique de l'administration du maire de l'époque, Bernard Sevigny, Steve Lussier a beaucoup promis aux gens. Voici la liste de ses engagements tirée de son site Web électoral :

• Dépôt d'un projet de loi limitant à deux maximum le nombre de mandats qu'un maire peut faire. Steve Lussier s'engage également à être un maire à temps plein;

• Gel de taxes pour la première année du mandat. Limiter la hausse, par la suite, au taux d'inflation;

• Conservation de tous les emplois municipaux;

• Création de 2 000 emplois durant les quatre années du premier mandat;

• Mise sur pied d'un sommet commercial et volonté de travailler avec les commerces locaux;

• Lancement d'un fonds d'investissement de 700 000 $ provenant d'investisseurs privés;

• Moratoire sur le projet Well inc.;

• Réforme du comité exécutif : abolition du poste de président, sept conseillers membres, rotation des conseillers membres chaque année, tous les conseillers pourront y assister;

• Création d'un sommet régional sur l'économie sociale et sur les organismes communautaires;

• Création d'un « guichet citoyen » incluant un volet pour les étudiants, dont le rôle sera de coordonner l'ensemble des intervenants qui contribuent [...] à la réalisation des projets;

• Injection de 16 à 20 millions de dollars pour remettre en bonne condition le réseau routier;

• Amélioration de l'offre de transport en commun;

• Bonification des activités offertes au Mont-Bellevue;

• Élimination des sources de pollution qui contaminent les cours d'eau;

• Projet d'accessibilité à la propriété pour les résidents;

• Bonification de l'offre de spectacles de rue.

Outre ces engagements formels, le maire Lussier avait promis de céder le Centre de foires au privé, ce qui s'est avéré irréalisable et a été abandonné. Il avait promis de régler le problème du dossier Valoris, ce qui n'a pas encore été fait. Plus encore, le maire avait fait miroiter son réseau de relations pour relancer l'emploi à Sherbrooke et pour redonner de la prospérité à Sherbrooke.

Force est de constater qu'après plus d'un an de mandat, il y a loin de la coupe aux lèvres quant aux engagements du maire Lussier. D'autant plus que le principal reproche qu'il avait formulé à l'administration précédente c'était le mauvais climat de collaboration à l'hôtel de ville et au Conseil. L'adoption du dernier budget semble indiquer qu'il est loin d'avoir atteint cet objectif. Sans compter les algarades régulières du maire Lussier avec la représentante de l'un des deux partis politiques présents au conseil, madame Évelyne Beaudin.

Le leadership à l'hôtel de ville

Sans vouloir porter un jugement définitif aujourd'hui sur l'administration du maire Lussier, il est manifeste que le maire actuel doit faire preuve d'un plus grand leadership et démontrer qu'il possède une vision pour le développement de notre ville. Le maire Lussier doit prendre conscience que c'est plus facile d'être contre que de générer des appuis pour sa vision. On ne peut pas dire que les principales décisions prises par ce nouveau conseil ont donné du vent dans les voiles de la mairie. Par exemple, la décision de hausser les tarifs de stationnement au centre-ville sans en avoir discuté avec les commerçants dénote une insensibilité aux enjeux du centre-ville. La mise à mort du projet Well inc. par le maire Lussier, qui a tant fait parler lors de la dernière campagne électorale, ne semble pas avoir fait place à un autre projet plus stimulant et plus structurant. Je veux bien que l'on attende de voir, mais je serai le plus surpris du monde si la nouvelle mouture du projet est aussi structurante que celle imaginée par l'ancien maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny.

Chose certaine, à ce jour, le nouveau maire de Sherbrooke ne démontre pas le leadership auquel nous sommes en droit de nous attendre pour une ville aussi importante que Sherbrooke. Au contraire, il semble que les acquis des dernières années soient mis en péril. Je n'ai pas lu ou entendu des nouvelles qui sortent de l'ordinaire quant à notre développement économique. La conclusion d'une entente avec le ministère des Transports pour la reconstruction du pont des Grandes-Fourches est en soi une bonne nouvelle que j'ai saluée dans ma chronique du 11 juillet dernier. J'écrivais : « La décision du conseil municipal de la Ville de Sherbrooke d'aller de l'avant non seulement avec le déplacement du pont des Grandes-Fourches, mais aussi avec le concept d'un pont signature mérite d'être saluée. Ce n'est pas tous les jours que nous avons l'occasion de célébrer une décision de notre ville en matière d'urbanisme et surtout pour sa vision quant au développement de notre centre-ville. »

Néanmoins, le nouveau maire Lussier a été roulé dans la farine par l'ancien député-ministre libéral, Luc Fortin, dans la négociation des coûts. Jamais le maire Sévigny n'aurait accepté que la ville de Sherbrooke paie aussi cher pour ce nouveau pont.

Espérer mieux...

Nous devons espérer mieux quant au leadership du maire Lussier pour les trois années qui restent à son mandat. Plutôt que de nous inviter à faire campagne contre lui, le maire Steve Lussier devrait se mettre à la tâche au plus vite. Le temps lui est compté. Il doit prouver à tous qu'il a une vision pour Sherbrooke, qu'il est capable de rassembler les intervenants, les groupes et les citoyens de Sherbrooke afin de faire en sorte que Sherbrooke devienne une grande ville prospère à taille humaine. Jusqu'à maintenant, il a pu compter sur la complaisance des médias qui ne lui ont pas fait vraiment passer le test du feu lors de la dernière campagne électorale.

Il est aujourd'hui temps que l'on gouverne Sherbrooke avec compétence et vision. Après le temps des critiques, voici venu le temps de faire les choses. La question qui me brûle les lèvres est : à Sherbrooke, y at-il un pilote dans l'avion ?


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