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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Quand l’égo se remet en question

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi le 19 février 2024      

L'égo. Nécessaire égo, dirais-je, si on souhaite se définir comme être humain. L'égo c'est la conscience de ce que nous sommes comme humain. C'est une notion importante pour définir le type d'interaction qu'on aura avec nos pairs, entre autres.

Ça prend un minimum d'égo pour apprécier suffisamment ce qu'on vaut pour être aidant pour notre entourage. Cette conscience de ce que nous sommes s'exprime par la confiance en soi qu'on dégage.

C'est un peu là que ça se complique.

Pour être aidante, utile et saine, la confiance qu'on a en nous-mêmes doit être reconnue comme rassurante pour autrui. Trop de confiance gâche la sauce. Ça se sent quand une personne est imbue d'elle-même, qu'elle en vient à regarder l'autre avec un brin (petit ou gros brin, cela dit!) de condescendance.

Savoir ce qu'on représente, ce qu'on est, ne mène pas nécessairement à se croire supérieur aux autres. Ou meilleur que l'autre.

Quand l'égo devient trop centrique, on finit par oublier que l'autre aussi a une valeur.

La vie en société devient alors difficile.

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Difficile, en effet, de parler de société ou d'interaction sociale saine, si on croit que notre personne est au centre de toutes les situations!

L'évolution du Québec moderne a été bouleversée, vers 1960, par une révolution sociale sans précédent. On l'a dite tranquille, cette révolution, surtout parce qu'elle s'est réalisée sans recours aux armes et à la violence.

Je vous propose une photo d'un centenaire, de 1860 à 1960 : la société était guidée, moralement, socialement et même politiquement, par l'église catholique et ses prêtres et ses religieuses.

Le mot d'ordre : oublie-toi toi-même. Mets-toi au service de Dieu. « N'empêche pas la famille » (et, en passant, n'utilise pas de préservatifs ou d'autres moyens de contrôle des naissances, ce serait mal!). Confesse-toi de tous tes péchés, chaque semaine idéalement. Demande conseil au curé quand une question est épineuse. Sois au service de ta famille et de ton Dieu. 

Pas surprenant qu'au tournant des années 1970 (et encore de nos jours), des centaines d'ouvrages (souvent relevant de la psycho pop!), nous ramenaient à notre moi intérieur, à l'importance de notre « moi-même », de la reconnaissance de ce que ce moi mérite, de ce travail qu'il faut faire sur soi pour que ce « soi » soit reconnu à sa juste valeur.

C'est une photo d'une époque, comme je le disais. Je tourne les coins ronds. Volontairement. Je cherche à montrer des contrastes.

Mais ne nous demandons pas pourquoi l'égo est si omniprésent dans la société! Tout est orienté vers ça.  

La boîte de photos   

Quand je me prends au jeu de fouiller dans les boîtes de photos de ma mère, j'y retrouve des éléments de son histoire.

Dans sa prime jeunesse, les photos étaient bien rares. Une seule d'entre elles peut, toutefois, générer des échanges très longs tellement elle peut ouvrir l'univers des souvenirs!

Les photos de cette époque sont des clés pour entrer dans l'univers d'une personne. Pas si nombreuses, les clés, mais tellement précieuses!

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Quand je fais le parallèle avec aujourd'hui, des photos, on en a. Les téléphones intelligents en sont pleins. On n'a jamais pris autant de photos qu'on ne regarde pas vraiment ensuite!

Mais la vague encore très présente des égoportraits trahit mon malaise par rapport à la vie courante qui baigne les années 2020 : des milliers, voire des millions de photos, prises sous forme d'égoportrait.

Cette situation en soi devient une photo sociale de notre époque!

Quelqu'un me montre des photos de voyage. Les photos défilent et un constat se dessine. Toutes les photos ont un point en commun. Elles se décrivent toutes en disant : « ça, c'est moi et la Tour Eiffel derrière ». Ou moi et le Sahara derrière ». Ainsi de suite.

Si j'anticipe une proposition de photo décrivant l'année 2024, j'irais pour ceci : une photo d'une très vaste classe pleine de citoyens qui doivent maintenant apprendre à mettre la vie de leur collectivité au premier plan et à se définir comme un partenaire de cette vie. Leur égo servira à prendre conscience de leur valeur personnelle, bien sûr, mais dans une perspective où la valorisation viendra du fait qu'on ramera dans un sens plus commun que maintenant.

Bref, qu'on ramera tous dans le sens de devenir des citoyens accomplis dans une collectivité où la bienveillance tiendra une très grande place.

Voilà ce que serait ma proposition photo de l'année 2024.

Mais, au final, je ne sais pas trop si c'est une photo ou carrément de l'art naïf...

 

Clin d'œil de la semaine

Un portrait de notre société ne peut être un égoportrait...


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