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Le Service de police de Sherbrooke à l’ère de l’automobile

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Photo : BANQ
Bibliothèque et Archives nationales du Québec Par Bibliothèque et Archives nationales du Québec
archives.sherbrooke@banq.qc.ca
Jeudi le 7 novembre 2024      

Marc-André Moreau, technicien en documentation à Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Intersection des rues Galt Ouest et MacManamy, 1955. Un homme sort de la pharmacie Dumont pendant qu'un policier est en train de lui préparer une contravention. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P2). Photo : Jean-Marie Donahue.

 

Au cours du XXe siècle, afin de mieux contrôler les dangers et les crimes urbains, les policiers de la ville de Sherbrooke ont dû s'adapter à l'évolution des moyens de transport. Si les agents circulent d'abord à pied dans les rues de la ville, l'avènement puis la généralisation des véhicules motorisés mènent le Service de police à se doter de nouveaux équipements. L'utilisation de la motocyclette, à partir de 1921, s'avère rapidement insuffisante et, dès la fin des années 1930, le Service de police fait l'acquisition d'automobiles.

 

Les véhicules de police

 

Jean-Marie Donahue dans le véhicule Radio-Police I, une voiture de police dotée d'un système radio, 194 Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P35). Photographe non identifié.

 

La première patrouille automobile est créée en 1938. Au début des années 1940, le Service de police dispose de deux voitures, chacune patrouillant une section de la ville. Nommés Radio-Police, ces véhicules sont dotés d'un système de communication radio. Cependant, celui-ci ne permet que la réception d'appels, et non l'émission. Ce n'est qu'à partir de 1946 que les agents pourront aussi faire des appels radio à partir des véhicules. À cette époque, ce ne sont pas tous les policiers qui savent conduire une automobile, aussi les patrouilles comprennent toujours deux agents : l'un conduit, l'autre rédige les rapports

 

Véhicule utilisé par l'unité de la circulation du Service de police de Sherbrooke, devant l'ancienne caserne numéro 3 à Sherbrooke, 1955. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P11). Photo : Jean-Marie Donahue.

 

La nouvelle automobile du chef de police Édouard Moreau, une Oldsmobile 88 bleue, 11 mai 1957. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P9). Photo : Jean-Marie Donahue.

 

Au cours des années qui suivent, le nombre d'automobiles utilisées par le Service de police ne cesse de croître. Les voitures de patrouille ne sont pas les seuls véhicules mis à la disposition des policiers. L'unité chargée de la circulation se dote de camionnettes, et le chef de police Édouard Moreau a même droit, en 1957, à une Oldsmobile 88 bleue.

 

La prévention des accidents routiers

Un policier contrôle la circulation à l'intersection des rues Frontenac et Wellington, vers 1956. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P91). Photo : Jean-Marie Donahue.

 


Un policier contrôle la circulation à une intersection à Sherbrooke, 195 Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P33). Photo : Jean-Marie Donahue.

Deux policiers inspectent une voiture stationnée, 1953. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P44). Photo : Jean-Marie Donahue.

 

L'augmentation du nombre de véhicules sur les routes transforme profondément le travail des policiers. Pour assurer la sécurité routière, ceux-ci inspectent les voitures et contrôlent la circulation aux intersections achalandées de la ville. Ils s'assurent également que les automobilistes n'excèdent pas les limites de vitesse et ne conduisent pas en état d'ébriété.

Avant-gardiste, le Service de police de Sherbrooke se procure dès 1953 deux instruments qui aident les agents à intervenir de façon plus efficace. Le premier, le système radar, permet de surveiller les excès de vitesse des automobilistes. Les policiers de Sherbrooke sont les premiers au pays à utiliser cet instrument aujourd'hui essentiel au contrôle de la circulation routière.

Le deuxième instrument est le drunkometer, le précurseur de l'éthylomètre. Les personnes soupçonnées d'avoir consommé de l'alcool doivent souffler dans un ballon, qui est relié à l'appareil par un tuyau. L'air expiré entre alors en contact avec une série de solutions chimiques, lesquelles changent de couleur si l'haleine expulsée contient de l'alcool.

  

Drunkometer de marque Harger, 1953. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P98). Photo : Jean-Marie Donahue.

 


Drunkometer de marque Harger, 1953. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P97). Photo : Jean-Marie Donahue?.

 

La signalisation routière

 

Trois hommes devant un mur couvert de panneaux de signalisation routière, 1955?. L'homme au centre est vraisemblablement le constable Joseph Lajeunesse. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P16). Photo : Jean-Marie Donahue.

 

Un homme dans l'atelier de signalisation routière de la police de Sherbrooke, Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P18). Photo : Jean-Marie Donahue.

 

Entre 1944 et 1968, la signalisation routière s'ajoute aux responsabilités des policiers sherbrookois, qui doivent peindre les lignes sur les routes et s'occuper des panneaux de signalisation. Comme en témoignent les plans d'assurance incendie réalisés en 1917 et en 1953, la caserne numéro 3, située près de l'intersection des rues des Grandes-Fourches (auparavant la rue Lansdowne) et King Ouest, est donc convertie en atelier de signalisation.

 

Plan d'assurance incendie de la ville de Sherbrooke réalisé par Charles Edward Goad, extrait de la planche 17, 1917. Collections de BAnQ.

 

Plan d'assurance incendie de la ville de Sherbrooke, extrait de la planche 63, 1953. Collections de BAnQ.

L'ancienne caserne de pompiers et de police numéro 3 de Sherbrooke, convertie en atelier où sont peints les panneaux de signalisation, 1955?. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Famille Phaneuf (P1005, D3, P94). Photo : Jean-Marie Donahue.

 

Un virage technologique

Vers la moitié du xxe siècle, la popularisation de l'automobile transforme durablement le paysage urbain sherbrookois ainsi que le travail des policiers. Afin d'être en mesure d'assurer un contrôle routier efficace et de prévenir les accidents, le Service de police de Sherbrooke adopte l'automobile ainsi que divers instruments à la fine pointe de la technologie de l'époque. Les répercussions de ce virage technologique sont encore bien visibles aujourd'hui, alors que les patrouilles policières, pour la plupart motorisées, font appel à des instruments sans cesse améliorés par les progrès de la science.


Archives nationales à Sherbrooke
225, rue Frontenac, bureau 401
819 820-3010, poste 6330
archives.sherbrooke@banq.qc.ca

 

Source :

MCAULEY, Gordon et BLAIS, Laurent, La police de Sherbrooke : 125 ans d'histoire, Éditions GGC, Sherbrooke, 1998, 263 p.

 



Gordon McAuley et Laurent Blais, La police de Sherbrooke : 125 ans d'histoire, Éditions GGC, Sherbrooke, 1998, p. 169.

Ibid., p. 157.

Ibid., p. 158.

Ibid.

Ibid., p. 56 et p. 158-159.

Ibid., p. 159.

Ibid., p. 56-57 et p. 187.

Ibid., p. 186. 



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