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  CHRONIQUEURS / L'Agora

Le règne du chacun pour soi

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 3 janvier 2024      

Écrire la première chronique de l'année, c'est toujours un défi en soi. On vient à peine de se faire les vœux d'une bonne et meilleure année. Par les vertus d'une baguette magique, on s'imagine le temps d'un réveillon que l'on pourra mettre en arrière de nous les mauvaises nouvelles de l'année qui se termine et entamer la nouvelle année sur un nouveau pied. On veut bien croire que nous pourrons recommencer à neuf, sur un bon pied. Illusion ! 2024 ne sera pas magique. Elle sera la continuité de 2023. Ni meilleure ni pire. Si l'on veut nourrir l'illusion d'un monde nouveau qui s'annonce à nous, il faut se garder de s'informer. Les faits d'actualité nous rappellent à l'ordre. Chronique pessimiste sur une époque trouble.

La folie des réseaux sociaux

Une chose demeure inchangée, en 2024 c'est la folie ambiante que l'on retrouve sur les réseaux sociaux. On a fini l'année par des menaces de mort à Sherbrooke à l'endroit des conseillers municipaux pour l'enjeu dramatique ô combien important d'une taxe sur les piscines ! Les principaux intéressés doivent trouver difficilement le sommeil. Imaginez un désaccord sur une taxe amène des hurluberlus à proférer des menaces. On peut être en désaccord, comme je le suis, avec le budget de notre ville sans menacer les gens que nous avons élus. Pour ceux qui ne le savent pas, la meilleure façon de régler ce genre de problèmes c'est de ne plus voter pour les gens que vous jugez incompétents et qui prennent de mauvaises décisions. L'important dans cette idée c'est de voter ce que nombre de gens ne se donnent même pas la peine de faire.

Cette folie que l'on retrouve sur les réseaux sociaux fait des ravages par les temps qui courent en France où l'affaire Depardieu occupe un large espace médiatique. Le comédien mythique est accusé par des femmes de viol et de harcèlement. Il est défendu par de nombreuses personnalités parmi lesquelles, ce n'est pas rien, le président de la République, Emmanuel Macron. Encore là, le mot défendre est quelque peu abusif en ce qui concerne Macron puisqu'il a simplement rappelé l'importance de la présomption d'innocence et s'est désolé de l'atmosphère de « chasse à l'homme » autour de cette affaire. Les porte-parole d'un néoféministe n'ont pas laissé passer l'occasion d'accuser ce président d'être complice de la violence faite aux femmes et aux enfants. Rien de neuf sous le soleil.

Entente de principe

Réjouissons-nous ! Le gouvernement Legault et les syndicats se sont entendus avant la fin de l'année sur des ententes sectorielles avec la presque totalité de ses employés et leurs syndicats y compris la militante frange de la FAE. Reste maintenant à négocier les hausses salariales pour tous. Si l'on en croit la rhétorique des uns et des autres grâce à ce vaillant combat de nos centrales syndicales, nous aurons droit en 2024 à un système de santé et à des écoles performantes qui répondront véritablement aux besoins de la population. Personnellement, j'ai des doutes. Pour votre part, chers lecteurs et lectrices d'EstriePlus, êtes-vous convaincus que l'issue de cette négociation va permettre d'améliorer la qualité de nos services en santé et en éducation ? Nos services publics seront-ils sauvés ? C'est ce que nous pourrons constater tous ensemble en 2024. Je suis d'avis qu'il était nettement exagéré de faire de ces négociations avec les employés du secteur public la voie royale pour améliorer nos services publics. Cette rhétorique bien que servant les intérêts des centrales syndicales est cousue de fil blanc comme le démontrera vraisemblablement la réalité en 2024. Le problème est ailleurs. Il est dans la faillite des promesses de l'État-providence.

Faillite de l'État-providence

La question de la faillite de l'État providence est un sujet complexe et controversé qui suscite des débats dans de nombreux pays. L'État providence, également appelé État social, désigne un système dans lequel le gouvernement intervient activement pour fournir des services publics, des prestations sociales et des protections économiques à ses citoyens. Ces services et prestations peuvent inclure l'éducation, les soins de santé, les allocations familiales, les pensions de retraite, l'assurance-emploi, etc. Les arguments en faveur de l'État providence soulignent qu'il contribue à réduire les inégalités sociales, à assurer un filet de sécurité économique pour les citoyens en cas de difficultés et à promouvoir la stabilité économique en soutenant la demande intérieure. Il peut également jouer un rôle important dans la réduction de la pauvreté et de l'exclusion sociale.

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Cependant, certains critiques de l'État providence font valoir les points suivants. Les coûts financiers : les programmes de protection sociale et les services publics associés à l'État providence peuvent être coûteux, ce qui peut exercer une pression sur les finances publiques et augmenter la dette nationale. La désincitation au travail : certains estiment que les prestations sociales généreuses peuvent décourager les individus à travailler, car ils peuvent percevoir des avantages similaires sans emploi. L'inefficacité : on dit que les bureaucraties gouvernementales associées à l'État providence peuvent être inefficaces et lourdes, ce qui entraîne un gaspillage de ressources et des inefficiences. Le vieillissement de la population : dans de nombreux pays, le vieillissement de la population pose des défis pour les systèmes de retraite et de santé financés par l'État, car le nombre de retraités augmente tandis que le nombre de travailleurs actifs diminue. Enfin, la question de la pression sur les entreprises : les charges sociales élevées imposées aux entreprises pour financer les programmes de protection sociale peuvent entraîner des coûts supplémentaires et potentiellement réduire leur compétitivité sur les marchés internationaux.

La question de savoir si l'État providence est en faillite dépend en fin de compte de la situation économique et politique d'un pays donné. Certains pays ont réussi à maintenir des systèmes de protection sociale robustes tout en gérant leurs finances de manière responsable, tandis que d'autres ont rencontré des défis liés aux coûts, à la dette et à l'efficacité de leurs programmes sociaux.

En fin de compte, la discussion sur l'État providence doit tenir compte des objectifs sociaux, économiques et politiques spécifiques d'un pays, ainsi que de la capacité à financer et à gérer efficacement ces programmes. Les réformes et les ajustements sont souvent nécessaires pour répondre aux défis changeants de la société et de l'économie.

Le Québec dans tout cela...

Au Québec, on se targue souvent d'être une société égalitaire ou personne n'est laissé derrière. Ces derniers mois, la rhétorique syndicale a été adoptée par la très vaste majorité de la population. Pourtant, nous vivrons des lendemains difficiles. On veut bien croire que nos services publics seront meilleurs, mais la réalité va nous rattraper. La seule certitude que nous pouvons avoir au lendemain de ce bras de fer syndical-gouvernement c'est que nous paierons beaucoup plus cher pour des services qui ne seront pas au rendez-vous.

Toute ma vie, j'ai payé des impôts et des taxes rubis sur l'ongle. Je n'ai jamais été hospitalisé, ni jamais bénéficié de services particuliers de notre État. À l'âge où j'ai besoin d'un médecin de famille, je n'en ai plus, le mien est parti à la retraite. Devinez quoi, pour mon prochain examen médical je devrai faire appel à une clinique privée au coût de 650 $ pour une visite médicale annuelle. Dans ma réalité, vous comprendrez que j'ai de la difficulté à imaginer que 2024 sera une meilleure année. Les changements climatiques continueront d'empoisonner nos existences, les taxes et les impôts poursuivront leur ascension, mes revenus diminueront et ma santé tôt ou tard déclinera. La polarisation des dialogues sociaux s'amplifiera et le règne du « chacun pour soi » continuera de triompher...



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