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La politique, un jeu cruel

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 14 septembre 2022      

La campagne électorale québécoise est tout sauf ennuyeuse. Cinq chefs, cinq partis. Des engagements nombreux. Des thèmes majeurs sont abordés. Le clivage ancien entre souverainistes et fédéralistes a été remplacé par le double clivage droite-gauche et celui de l'identité et de la diversité. Malgré l'avance insurmontable dans les sondages de la Coalition avenir Québec, on trouve quand même notre intérêt quand on se donne la peine de suivre cette campagne au quotidien.

La dernière semaine n'a pas fait exception. Après la baisse d'impôt selon des modalités diverses pour les libéraux, les caquistes et les conservateurs, il y a la volonté d'augmenter les impôts et les taxes de Québec solidaire. De mon point de vue ce qui caractérise la campagne électorale de la dernière semaine, c'est l'implosion de Québec solidaire en plein vol avec son plan de hausse d'impôt pour les ultrariches et son plan ambitieux, voire irréaliste, en matière de changements climatiques. Réflexions autour d'une campagne électorale mouvementée...

Le nouveau visage de Québec solidaire

Depuis l'accession de Gabriel Nadeau-Dubois, comme candidat pour devenir premier ministre, on a bien senti la volonté de recentrage de cette formation politique pour élargir son auditoire électoral. Longtemps considéré comme la conscience sociale de l'Assemblée nationale avec les Amir Khadir et Françoise David, Québec solidaire a cherché à se donner une nouvelle respectabilité. Cela a commencé par le recrutement des candidates et des candidats où, on doit l'admettre, Québec solidaire a réussi à attirer des personnalités d'envergure. Cela est particulièrement palpable chez nous en Estrie avec le recrutement de Philippe Pagé et de Mélissa Généreux.

On a pu le voir aussi dans les communications préélectorales de Québec solidaire où on a voulu convaincre de la solidité de l'expertise économique au sein de cette formation politique. Par ailleurs, porter le drapeau d'un plan ambitieux en matière de changements climatiques cautionnés par des experts était une excellente trouvaille. Cela a eu son effet. Là où le bât blesse, c'est que les approches préconisées par les penseurs de Québec solidaire en matière de fiscalité, de justice sociale et de changements climatiques ne passent pas le test de la réalité. À commencer par cette définition de qui est un ultrariche. Nombreux sont les experts qui ont pointé le fait que posséder un actif d'un million de dollars est aujourd'hui assez commun pour la classe moyenne étant donné les éléments pris en compte pour établir la valeur des actifs. Une maison payée, un fonds de pension d'employés de l'État par exemple suffisent pour faire un millionnaire. Certes, on ne veut pas chiquer la guenille, mais force est d'admettre que cette politique est plutôt rébarbative pour plusieurs Québécoises et plusieurs Québécois.

L'idée de taxer à 35 % les héritages n'est pas l'idée du siècle. Je sais que d'autres pays le font, mais ce n'est pas une raison pour que l'État québécois s'empare de plus de 70 % des revenus gagnés par une personne une fois celle-ci décédée en venant ponctionner l'héritage de ses enfants. La solidarité, je veux bien, mais les vols, non.

Quant aux changements climatiques, nous sommes nombreux à comprendre qu'il faut agir, mais cette action ne peut pas, malgré l'urgence que doit nous inspirer l'état des lieux, se faire en porte à faux avec la population concernée. Il y a quelque chose de malsain dans le discours de cet aréopage d'écologistes patentés qui dictent des solutions théoriques comme ne plus manger de viandes, ne plus consommer de lait, ne plus voyager en avion, bannir les autos solos et n'utiliser que le transport en commun et vivre dans des édifices de 10 étages. C'est une certitude absolue que cela diminuera les gaz à effet de serre produits sur le territoire du Québec. Outre le fait que ces changements doivent se faire par la sensibilisation et l'éducation, ils doivent aussi être graduels. Nous ne vivons pas dans une dictature comme la Chine où l'on peut imposer à la population du Québec une modification draconienne de son mode de vie. Il restera toujours une question lancinante et pénible, à quoi sert tout ce spectacle quand on pense que tous ces efforts et ces sacrifices disparaitront en moins d'un an par l'augmentation des gaz à effet de serre en Chine. Je veux bien que le Québec fasse plus pour contrer l'augmentation des gaz à effet de serre, mais je ne suis pas certain de vouloir que nous devenions les martyrs volontaires de lutte aux changements climatiques. La population ne suivra pas Québec solidaire dans ces lubies.

En région pendant ce temps...

Chez nous en Estrie, les candidates et les candidats sont très actifs et les caravanes des chefs s'y arrêtent souvent. Le tourisme politique est en hausse. J'ai écouté en différé le débat qui a eu lieu sur les ondes d'ICI Radio-Canada PREMIÈRE dans le cadre de l'émission Midi info d'Alec Castonguay. J'ai trouvé le discours des différents candidats inégaux même s'ils devaient aborder des sujets importants pour nous comme la crise du logement, l'inflation et l'école Mitchell-Montcalm. J'ai trouvé aussi que personne n'a donné la réplique au discours de la mairesse de Sherbrooke, Évelyne Beaudin sur la pénurie de logements alors que son administration est largement responsable du blocage de nombreux dossiers de construction de nouveaux logements.

J'ai aussi été frappé par le manque de vision partagée des différents intervenants. Cela contraste avec le récit de la vie politique de Monique Gagnon-Tremblay dans le livre qu'elle vient de publier où « la manière Gagnon-Tremblay » a souvent réussi à mobiliser les acteurs du milieu estrien pour faire avancer de nombreux dossiers structurants de tous les aspects de notre vie. J'aurais envie d'inviter tous les acteurs politiques de notre milieu à lire le livre de Monique Gagnon-Tremblay, ils pourront y tirer des enseignements qui pourront être utiles à nos débats et au cheminement de nos projets. Parmi tous ces candidats, j'ai noté que le discours de la candidate de la Coalition avenir Québec dans Sherbrooke, madame Caroline St-Hilaire faisait écho aux types de préoccupations soulevées dans le livre de madame Gagnon-Tremblay.

Rien n'est joué

Après deux semaines de campagne électorale, les partis ont déballé leurs idées, dévoilé leur cadre financier et positionné leurs enjeux. Les esprits s'échauffent et la population commence à peine à s'intéresser à la campagne. Probablement que le taux de participation sera décevant à plus ou moins 70 % ou même moins. Comme dans toute élection, il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus. La force et les qualités de persuasion de chaque personne qui se présente pourront faire bouger l'aiguille des intentions de vote pour elles dans leur comté d'à peine 5 % des intentions de vote de leur parti respectif. Ce qui signifie que le débat des chefs dans l'émission du Face-à-face du réseau TVA de demain sera déterminant pour la suite des choses. Cela sera crucial pour les semaines qui restent et pour le destin de plusieurs candidates et plusieurs candidats. La politique, c'est aussi simple que cela. La politique c'est un jeu cruel...


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