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L’homme qui bâtissait des villes : Hommage à Jean-Paul L’Allier

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Vous vous souvenez de ce film de Frédéric Back : l'homme qui plantait des arbres? Film qui a remporté plus de 40 prix. Une ode au développement durable réalisé en 1987 par le cinéaste canadien et lu par Philippe Noiret à partir d'un texte de Jean Giono. On pourra faire un film de même nature en prenant pour sujet la carrière de monsieur Jean-Paul L'Allier à titre de maire de Québec.

Intellectuel de premier plan et grand démocrate, monsieur L'Allier fut un grand bâtisseur de la Ville de Québec et des grandes villes du Québec. Il fut l'inspiration de la fusion des grandes villes du Québec au tournant des années 2000. Il va de soi que notre maire visionnaire à nous, Jean Perrault, a reconnu en Jean-Paul L'Allier un mentor. Ce dernier aura marqué non seulement l'histoire de Québec, mais celle aussi du Québec. Un digne héritier de la Révolution tranquille, un social-démocrate version libérale qui a fini par adopter la cause souverainiste. Le destin de Jean-Paul L'Allier épouse parfaitement celui de notre histoire au Québec. Hommage à un grand démocrate...

Jean-Paul L'Allier : un homme au service du public

Après ses études en droit et en sciences politiques, Jean-Paul L'Allier devient à 28 ans, haut fonctionnaire au ministère des Affaires culturelles. Durant l'expo 67, il sera celui qui coordonnera les visites des chefs d'État. Il devient par la suite ministre des Communications du gouvernement de Robert Bourassa, où il a défendu avec beaucoup de ferveur les droits du Québec face au gouvernement fédéral. Homme de principe, Jean-Paul L'Allier n'hésitera pas à menacer de démissionner lorsqu'il croyait son dossier juste.

Il n'était pas un homme de parti, mais un homme de dossiers, disent la plupart de celles et ceux qui l'ont connu. C'est probablement ce qui explique que ce libéral bon teint se soit rallié aux troupes souverainistes lors du référendum de 1980 organisé et tenu par le gouvernement de René Lévesque. Sa passion pour le Québec l'a alors emporté sur ses alliances personnelles avec la famille libérale. Il faut savoir ce qu'est la famille libérale pour comprendre la gravité de la décision qu'il a alors prise.

Ce choix du Québec de Jean-Paul L'Allier ne l'a pas empêché de devenir maire de Québec. Poste qu'il a occupé de 1989 à 2005.

Le maire L'Allier

C'est vraiment le maire L'Allier qui marquera le plus notre imaginaire. Son travail de revitalisation du quartier Saint-Roch a été reconnu et un prix a d'ailleurs été créé par l'ordre des urbanistes du Québec, le prix Jean-Paul L'Allier, qui honore un élu québécois qui s'est distingué par sa vision, son leadership et ses réalisations en urbanisme et en aménagement du territoire. Jean Perrault a d'ailleurs reçu ce prix en 2010.

Même s'il a joué un rôle de premier plan dans la fusion des villes centres au Québec au tournant des années 2000, Jean-Paul L'Allier n'était pas nécessairement favorable à ce projet au début, mais l'obstination et la guérilla des villes de banlieue au sein de la communauté urbaine du Québec ont finalement vaincu ses résistances pour en faire un porte-parole efficace de ce projet.

Jean-Paul L'Allier a aussi marqué l'histoire de sa ville en créant des conseils de quartier. Comme le cite Isabelle Porter dans son texte dans le journal Le Devoir (http://www.ledevoir.com/politique/ville-de-quebec/459424/titre-la-ville-de-quebec-perd-son-mentor) : Le maire L'Allier était fier de ses conseils de quartier. Pour lui, cela se traduisait par un proverbe africain : « Ce que tu veux faire pour moi, si tu veux le faire sans moi, tu risques de le faire contre moi. »

Jean-Paul L'Allier a aussi marqué l'histoire par son attachement à la culture. Dans une chronique publiée dans le journal Le Devoir en 1987, il a écrit, nous rappelle Isabelle Porter : « Couper, ces années-ci, dans les budgets de la culture, c'est un peu comme se nourrir avec ses graines de semence. »

C'est aussi à Jean-Paul L'Allier que nous devons l'appellation de « radio-poubelle » pour décrire certaines stations de radio de Québec qui ont joué un rôle d'opposition lorsqu'il était maire de Québec.

L'homme serviable

Jean-Paul L'Allier était toujours partant pour donner un coup de main. Je l'ai connu personnellement au moment où j'ai organisé pour le compte de la Corporation du Centre-ville de Sherbrooke l'événement « Les rencontres du Centre-ville ». Il était venu nous offrir une conférence sur l'importance de la revitalisation du centre-ville de Sherbrooke comme outil de développement d'une ville.

C'est à la même époque que ma firme avait pour son dixième anniversaire organisé un événement-bénéfice au profit du Théâtre des petites lanternes. Nous avions alors récolté 22 500 $ que nous avions remis à cet organisme culturel de Sherbrooke. Ce fait n'était pas passé inaperçu aux yeux de monsieur L'Allier qui nous avait chaleureusement félicités de cette initiative. Il m'avait alors dit que de telles initiatives, si elles étaient plus répandues, feraient du Québec une terre plus agréable à vivre. La culture pour lui était fondamentale à toute activité humaine.

Jean-Paul L'Allier n'était pas avare de son temps. Il était aussi venu prêter main-forte au maire Jean Perrault au moment de l'organisation du sommet économique qui a mené à la création de Sherbrooke Innopole. Jean-Paul L'Allier était unique et peu d'élus municipaux peuvent aujourd'hui se réclamer de son héritage. Il fait partie de la courte liste des bâtisseurs de milieux de vie. Il croyait au Beau et à un aménagement du territoire au profit des populations plutôt qu'au profit des promoteurs.

Comme je l'écrivais au début de ce texte, nous pourrions réaliser un film sur Jean-Paul L'Allier qui serait intitulé l'homme qui bâtissait des villes. Ce serait une ode au Beau, à la Culture et à la Démocratie. Jean-Paul L'Allier, l'homme qui bâtissait des villes...


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