Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / Environnement

Penser planète avant de penser pays

 Imprimer   Envoyer 
Yves Nantel Par Yves Nantel
Mardi le 3 novembre 2026      

Le gouvernement fédéral justifie la construction du pipeline reliant l'Alberta à l'océan Pacifique en Colombie-Britannique en argumentant qu'il va faciliter la transition énergétique des pays clients du pétrole canadien. Si la transition énergétique consiste bien à sortir de notre dépendance à trois produits : le charbon, le pétrole et le gaz qui ensemble représentent 70% de émissions mondiales des GES, j'ai de la difficulté à suivre ce raisonnement.

L'exploitation des sables bitumineux

Le pétrole de l'Alberta se trouve amalgamé à du sable. Lorsque la pelle mécanique géante ramène du pétrole, c'est une substance plutôt gluante, huileuse, mélangée au sable qu'elle charge dans les camions. Ensuite, il faut ajouter un diluant pour le rendre apte à transiter par le gros tuyau. C'est un procédé complexe et qui coûte plus cher que celui du pétrole conventionnel.

Peut-on améliorer cette technique afin de réduire les émissions de GES comme l'affirme le gouvernement canadien et l'Alberta ? Il Invoque le fait que les émissions par baril extrait sont passées de 126 kgCO2e/baril en1990 à 76 kgCO2e/baril en 2023, soit une diminution de 40 % sur une période de 30 ans.

Ce calcul par baril cache le fait que, toujours selon Ressources naturelles Canada (RNC), l'Alberta aurait augmenté sa production de 800 % durant cette même période. Et l'oléoduc à construire, dont le coût est estimé a entre 35 et 44 milliards de dollars, devrait permettre d'augmenter encore davantage la production, jusqu'à 1 million de barils par jour.

D'où viennent les GES ?

L'analyse du cycle de vie du pétrole en provenance de l'oléoduc indique qu'il émettra des GES à trois étapes : 1) l'extraction, le pré-raffinage et le transport 2) le raffinage dans les pays clients et 3) la combustion du pétrole (véhicule, chauffage, production d'électricité, de plastique, etc.) aussi dans les pays clients.

De plus, le même Ministère nous apprend que la plus grande partie des émissions, lors du cycle de vie du pétrole, provient des tuyaux d'échappement des véhicules donc de la combustion du pétrole et ce, dans une proportion de 70 à 80 %. Mais il oublie de nous dire qu'une partie du 20 à 30 % sera inévitablement émise en Chine, en Inde ou ailleurs puisque le pétrole bitumineux exporté sera du pétrole brut. Le pétrole devra être raffiné avant d'être mis sur le marché et consommé. Raffinage et combustion, là encore les émissions viendront grossir le stock de GES dans l'atmosphère.

Mais le décompte des principales émissions ne sera pas fait au Canada. On s'en lave les mains. On pourra dire que nous on a réduit nos émissions.

Les promesses de la CSC

L'Accord spécifie que l'Alberta et Pathways Alliance (consortium de 6 pétrolières) s'engagent à réduire de 6 millions de tonnes de GES d'ici 2035 et 10 millions supplémentaires annuellement jusqu'en 2045. Ces engagements sont conditionnels à l'application à grande échelle de la technique de capture et stockage du carbone (CSC) à laquelle le gouvernement fédéral et l'Alberta devront aussi ouvrir leur portefeuille. À ce jour, la CSC dont l'efficacité est remise en cause, n'a été appliquée qu'à petite échelle. On est encore loin du pétrole vert. Et elle présente des risques pour l'environnement. Au mieux, on la présente comme incertaine.

|banniere-article|

Peut-on contrôler l'utilisation du pétrole une fois vendu ?

Si l'on veut que le pétrole canadien, soit-disant plus vert, remplace réellement du pétrole moins vert ou encore le charbon dans les pays clients, il faudra s'assurer que ces derniers (gouvernements ou pétrolières) vont vraiment remplacer leur pétrole plutôt que de l'empiler sur le leur. Comment le gouvernement va-t-il assurer ce contrôle ?

Le gouvernement canadien a pour objectif premier de propulser son économie, particulièrement celle de l'Alberta, au détriment du climat. Ne devrait-il pas plutôt aider les autres pays à sortir franchement des énergies fossiles ? N'est-il pas le temps de penser planète avant de penser pays.

S'adapter à une situation qu'on attise

En septembre dernier, le Canada accueillait une conférence de trois jours visant à « comprendre les risques qui nous guettent et d'améliorer notre résilience au climat ». « Il ne faut pas attendre la prochaine inondation ou une autre vague de chaleur avant de se préparer. » Mais avec l'augmentation des énergies fossiles, on augmente les risques et on diminue notre capacité de résilience.

Quelle contradiction! On se prépare à affronter les conséquences et en même temps on stimule la cause.

Peut-être que le gouvernement pourra se targuer d'avoir réduit ses GES par tonne produite mais il ne pourra pas affirmer qu'il favorise la transition énergétique des pays clients. Les scientifiques nous implorent : il faut sortir des énergies fossiles. L'oléoduc qui obligera l'augmentation de la production de pétrole albertain pour être rentable, va dans le sens inverse.

Yves Nantel

Novembre 2026


  A LIRE AUSSI ...

Une Maison Ronald McDonald ouvrira au pavillon Enfant Soleil du CHUS en 2027

Lundi le 2 novembre 2026      
Une Maison Ronald McDonald ouvrira au pavillon Enfant Soleil du CHUS en 2027
Université Bishop’s : une arbitre confirme le congédiement d’un ancien professeur

Mardi le 3 novembre 2026      
Université Bishop’s : une arbitre confirme le congédiement d’un ancien professeur
Une nouvelle vie pour une ferme de Dudswell

Vendredi le 30 octobre 2026      
Une nouvelle vie pour une ferme de Dudswell
NOS RECOMMANDATIONS
Le corps d’une femme retrouvé dans un parc à Sherbrooke

Jeudi le 29 octobre 2026      
Le corps d’une femme retrouvé dans un parc à Sherbrooke
Une campagne orange citron

Jeudi le 29 octobre 2026      
Une campagne orange citron
Vol qualifié à Bromptonville : la police de Sherbrooke recherche un suspect

Mercredi le 28 octobre 2026      
Vol qualifié à Bromptonville : la police de Sherbrooke recherche un suspect
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
Yves Nantel
Mardi, 3 novembre 2026
Penser planète avant de penser pays

Université Bishop’s : une arbitre confirme le congédiement d’un ancien professeur Par Martin Bossé Mardi, 3 novembre 2026
Université Bishop’s : une arbitre confirme le congédiement d’un ancien professeur
Halloween 2026 : Sherbrooke confirme la collecte de bonbons le 31 octobre Par Martin Bossé Mercredi, 28 octobre 2026
Halloween 2026 : Sherbrooke confirme la collecte de bonbons le 31 octobre
IMA à Coaticook : 25 ans de chansons, de souvenirs et de renouveau Par Martin Bossé Mardi, 3 novembre 2026
IMA à Coaticook : 25 ans de chansons, de souvenirs et de renouveau
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous