Je ne parle pas des salles d'urgence de nos hôpitaux, mais
plutôt de l'urgence qui justifie toute action quand l'économie souffre. Parce
que tout dépend de l'économie.
De l'urgence de mettre à niveau le parc immobilier scolaire
qui a souffert de dizaines d'années sans entretien suffisant jusqu'à l'urgence
de revoir le réseau routier qui s'effondre au point de croire que nous avons
été envahis de poules ne trouvant d'autres endroits que ls routes pour faire
leur nid !
Toutes ces urgences sont anxiogènes. Vraiment. Parce que les
montants en cause sont pharaoniques et surtout, parce qu'on n'a pas les
ressources pour colmater les fuites qui se multiplient.
Parfois, je ressens un vertige en y pensant globalement.
Comme quand tu t'aperçois que ton budget personnel est perturbé et que la
panique s'installe.
Et je fais ce triste constat que la notion d'urgence
implique toujours la même chose : la réaction. Je sais, il est normal de
réagir face à une urgence, mais ce qui est triste, c'est qu'au cours des 40
dernières années, soit après le magistral mandat du Parti Québécois et de René
Lévesque, nous avons mis en place, politiquement, toutes sortes de façons de ne
pas faire face à nos obligations primaires, faisant fi des avertissements
servis à gauche et droite. Le bien commun pouvait attendre, mon bien
personnel à moi (!) comptait d'abord.
|banniere-article|
Tout ça nous amène à l'urgence qui règne partout.
Urgence qui permet aux politiciens de faire à peu tout et
n'importe en nommant la chose faite comme une réponse incontournable à
l'urgence.
Déprimant, quand même...
C'est grand, la mort...
La semaine dernière, on annonçait la perte d'un de ses
sociologues/philosophes les plus marquants : Edgar Morin. Né Edgar Nahoum.
Un bonhomme dont j'avais entendu parler mais que je ne connaissais pas ou très
peu. Il avait 104 ans à son décès.
Je me suis intéressé à son cas et voilà que les algorithmes
m'ont aidé dans mes recherches en me proposant des vidéos et textes intéressants.
Plusieurs de ces messages ont eu l'effet d'un baume sur une déprime que je
tiens à contrôler.
Je trouve la déprime nécessaire à la prise de conscience,
tant que la conscience n'est pas trop affectée pour nous obliger à se mettre en
action. Sinon, la déprime peut devenir un simple gouffre.
Edgar Morin a fait partie de la résistance des Français contre
le nazisme avant la fin de la 2ème guerre mondiale. D'où son changement de nom.
Nahoum est un nom Juif. Pas recommandable face à un nazi enragé...
Une de ses œuvres principales parle de la pensée complexe :
une approche philosophique et sociologique qui invite à relier les éléments
du monde plutôt que de les isoler. (Source : philosciences.com).
L'idée,
que je simplifie à ma façon, est de regarder les choses globalement, en faisant
intervenir autant les aspects scientifiques, philosophiques et sociologiques ensemble,
de façon à considérer les choses globalement et non en regardant dans une seule
direction.
C'est
exactement le contraire qu'on fait quand on est en mode grande urgence!
Et
quand un plan de société est proposé, plan qu'on dit solide, il est modifié au
gré des humeurs des intervenants économiques et de leurs urgences.
Là
où l'espoir s'installe, c'est que nous pouvons résister. À notre façon. Dénoncer
est une façon. Consommer plus intelligemment, en tenant en compte
l'environnement, c'est aussi une façon. Se comporter comme un citoyen ouvert à
la solidarité est même une sorte résistance dans un mode qui nous pousse à nous
relier sur nous-mêmes. S'impliquer positivement dans la prochaine campagne
électorale est aussi une façon de résister.
Parce
que résister n'est pas nécessairement négatif, nous dit Edgar Morin. Et il
précise que chacun a un rôle à jouer : après tout, dit-il, nous n'avons
été majoritaires qu'au dernier jour de la révolution.
|banniere-article|
Un appel à cesser nos efforts individuels
J'ai
noté une recrudescence des interventions sur les médias sociaux pour nous convaincre
que nos gestes individuels pour prioriser notre environnement sont inutiles
puisque la réponse doit venir des hautes instances, de façon majeure. Sans ces
hautes interventions, tout le reste est inutile.
Je
refuse d'adhérer à ceci. Je le vois aussi comme une forme positive de
résistance. Je vous invite à prendre 2 minutes de votre vie et d'écouter cet
inspirant message d'Edgar Morin : https://www.facebook.com/share/v/1bmPW8T3RQ/uis,
Edgar Morin
Et Félix Leclerc, là-dedans ?
Il
aura fallu la mort d'Edgar Morin pour titiller mon intérêt. La mort de
quelqu'un remet en lumière ce qu'il a fait dans sa vie avec une intensité qui
n'existe pas autrement. Je verrai donc à parcourir ses écrits, maintenant que
ce contact est fait.
C'est
peut-être aussi ce qui faisait dire à Félix Leclerc : « c'est grand,
la mort, c'est plein de vie dedans... »
Clin d'œil de la semaine
Les
politiciens ont parfois le réflexe de réunir des spécialistes de différentes
disciplines pour réfléchir à des questions de société. À la fin, ce sont
uniquement les considérations économiques qu'on retient. Mais au moins, on peut
dire : « on a écouté d'autres points de vue »...