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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Chercher du beau, dans l’univers de…

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Photo : pexels.com
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi le 24 février 2025      

Le matin de Noël cette année. Vous vous souvenez ? Le bleu du ciel rendu éclatant par un soleil brillant créait un féérique contraste avec le blanc qui avait enrobé tout ce qui meuble la ville qui semble, de son côté, tellement paisible en ce matin lumineux. Précieux moment !

Vous vous souvenez ?

Non ? Dommage.

Dans le brouhaha de nos journées, on oublie de prendre le temps de voir le beau, autour. Cette année, je m'étais dit deux choses au moment de commencer l'année : faire l'effort de voir, reconnaître, apprécier et décrire à voix haute les belles choses qui meublent notre environnement. Et je m'étais aussi dit que ma chanson-phare, pour une 2e année consécutive, serait Sur mon épaule des Cowboys.

Au bureau, cette semaine, en m'installant avec des collègues pour une rencontre, j'ai pris un petit temps pour admirer le paysage offert. Une image de carte postale d'hiver, je trouvais. Alors, j'ai décrit en très peu de mots : « C'est vraiment magnifique ce matin ! »

Je n'ai pas changé le monde. Mais peut-être un petit peu le mien et, de cause à effet, peut-être un tantinet celui des collègues. Qui sait ?

Je n'ai pas changé le monde, parce que quelques heures plus tard, en conversation téléphonique, j'ai tenté la même petite description. Isssshhhhhh... « Sacre-moi patience avec la maudite marde blanche ! »

Je n'ai pas insisté. Ç'eût été inutile ! On ne convainc pas facilement un effaceur d'arc-en-ciel et de licornes !

Nous avons tous besoin de beau pour illuminer nos vies. Cela dit, le beau n'est pas universel. Ce qui est beau pour moi ne l'est pas nécessairement pour l'autre.

Le beau, je le réalise de plus en plus en vieillissant, habite souvent des trucs qui évoquent mon passé. Une chanson que j'avais un peu oubliée. Au gré d'une liste d'écoute aléatoire, j'ai entendu, avec un bonheur surprenant, la voix de Gilbert Bécaud qui chantait Je reviens te chercher.

Le beau a tendance à réveiller des fibres en moi. J'appelle ça des fibres. Un chimiste mettrait un nom sur une substance euphorisante qui sommeille en moi, mais je préfère parler de fibres. L'image ne me parle plus.

C'est à partir de fibres qu'on fait du papier. Le papier qui a reçu en premier les paroles et la musique de la chanson de Bécaud. La fibre, c'est aussi le tissu qui nous habille, nous protège, nous réchauffe.

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Bref...

Cette chanson de Bécaud, je le réalise, est un des nombreux repères de ma vie. Elle me ramène à mes enfants, à des concepts amoureux, mais flous de l'adolescence et à des spectacles marquants. C'est un repère qui déclenche en moi une vague de bonheur.
Dans mon quotidien des 16 dernières années, je m'intéresse à la célébration de la vie des gens qui décèdent. Mes plus intenses souvenirs de ces célébrations résident dans l'œil brillant d'émotions de la personne qui vient de reconnaître un repère sonore ou visuel associé à la personne disparue.

Le beau, c'est ça : un éveilleur de repères !

Le titre de la chronique évoque l'univers de... Plusieurs auront reconnu l'allusion à l'émission de France Beaudoin.

C'est que cette émission est pour moi (et pour ma petite maisonnée !!), un éveilleur de repères. La fibre de cette émission est de célébrer le beau dans la vie des invités. Rarement, ce sont des choses extraordinaires. Presque toujours, ce sont des petites choses de la vie qui ont marqué la personne invitée. L'intérêt que je ressens envers ces petites choses qui, après tout, appartiennent au quotidien d'une autre personne ne tient pas du voyeurisme. Il tient à deux choses, dans mon cas. D'abord, le fait que la personne mette ses mots sur ces choses, sur ce beau tout simple, vient valider la valeur de mes propres souvenirs. Puis, le fait que la prestation musicale magistrale s'occupe de magnifier la chose, imprimant en moi de précieux moments où le beau est en vedette !

Un manque de beau. Un manque de repères...

Trump me rappelle une phrase entendue souvent dans ma vie : « Assez fou pour mettre le feu, pas assez fin pour l'éteindre... »

Il y a Trump. Il y a la guerre. Il y a les disparités sociales qui nous côtoient intimement au quotidien. Il y a les changements climatiques qui bousculent nos acquis.

Il y a tout cela dont je ne peux (et ne dois pas) m'extirper. S'il est essentiel de ne pas l'ignorer, il faut reconnaître que c'est bien assez pour créer un vertige.

C'est là que le beau est essentiel. Le beau qui éveille des repères. Des repères sur lesquels on peut s'appuyer, le temps de reprendre son souffle. Ce beau-là prend bien des formes.

Ayons la discipline de ne pas fermer les yeux en attendant que tout passe...

Clin d'œil de la semaine

Nous vivons un hiver normal. Normal, mais qui est devenu exceptionnel...



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