L'épisode de chaleur qui touche l'Estrie rappelle les
dangers bien réels du travail sous des températures élevées. En Estrie comme
ailleurs, la CNESST souligne que la prévention demeure un élément central pour
limiter les risques liés à la chaleur en milieu de travail.
Depuis 2016, les données de la CNESST font état de 3 décès
et 381 lésions professionnelles associées à des situations de travail dans des
conditions de chaleur. Les hommes représentent 76 % des cas recensés.
Des effets rapides sur la santé
Travailler sous une forte chaleur peut avoir des
conséquences importantes sur l'organisme. La déshydratation, les malaises et
les coups de chaleur figurent parmi les principaux risques identifiés.
L'organisme rappelle que certains signaux doivent être pris
très au sérieux. Une personne exposée à la chaleur peut présenter des
étourdissements, une fatigue inhabituelle ou encore des troubles de
l'équilibre. Dans certains cas, elle peut perdre conscience ou tenir des propos
incohérents.
Même lorsque les signes semblent mineurs au départ, la
situation peut évoluer rapidement, surtout si la personne effectue un effort
physique. Sans intervention, l'état de santé peut se détériorer de façon grave,
voire entraîner un décès.
Dès l'apparition de symptômes, l'arrêt du travail est
nécessaire. Il faut également prévenir un secouriste et la personne responsable
afin que des mesures appropriées soient mises en place rapidement.
Organiser le travail pour réduire les risques
La CNESST rappelle que le travail à la chaleur ne peut pas
toujours être évité. Pour cette raison, l'organisation du travail devient
essentielle.
Les employeurs doivent prévoir des mesures adaptées aux
conditions climatiques. Cela inclut des approches à la fois logistiques et
administratives, comme l'utilisation de vêtements appropriés, d'équipements
facilitant le travail sous la chaleur, ainsi que la mise en place de périodes
de repos adaptées.
La formation et l'information des équipes font également
partie des bonnes pratiques, tout comme les programmes d'alternance entre
travail et repos selon la température.
Mesures concrètes sur le terrain
Pour réduire les risques en période de chaleur, plusieurs
actions sont recommandées en milieu de travail. Le rythme des tâches doit être
ajusté en fonction de la température. Les travaux physiques devraient être
réalisés pendant les moments les plus frais de la journée lorsque c'est
possible.
Des pauses régulières doivent être accordées, idéalement
dans des endroits ombragés, climatisés ou ventilés. L'accès à de l'eau fraîche
est aussi essentiel, avec une recommandation d'en consommer régulièrement,
environ un verre toutes les 20 minutes selon les conditions.
La surveillance des travailleurs est aussi un élément clé,
tout comme la diffusion d'informations sur les risques liés à la chaleur. Tous
les travailleurs sont concernés, qu'ils soient permanents, temporaires,
étudiants ou nouvellement embauchés.
Certaines situations exigent une plus grande vigilance,
notamment lorsque des problèmes de santé sont présents ou après une maladie
récente comme de la fièvre, de la diarrhée ou des vomissements. La prise de
certains médicaments peut aussi augmenter les risques.
Une responsabilité partagée
La prévention ne repose pas uniquement sur les employeurs.
Les travailleurs doivent aussi respecter les mesures mises en place et rester
attentifs à leur état de santé ainsi qu'à celui de leurs collègues.
Source : Josée Sabourin, responsable des communications,
CNESST